Sophia Genetics lève 110 millions mais n’exclut pas une IPO dans les prochaines années

jeudi, 01.10.2020

Sophia Genetics continue d’attirer les capitaux. Le portail suisse d’aide au diagnostic en oncologie et en maladies héréditaires vient de lever 110 millions de dollars pour accélérer son expansion aux Etats-Unis.

Sophie Marenne

Jurgi Camblong. Le cofondateur de la société pionnière en “data-driven medicine”, de l’EPFL Innovation Park, a une IPO en ligne de mire d'ici quelques années. (Keystone)

Sophia Genetics enchaîne les levées de fonds d’importance. Ce jeudi, la biotech de Saint-Sulpice annonce avoir récolté 110 millions de dollars. Ce nouveau tour de table a presque multiplié par deux le montant total du capital rassemblé par la société vaudoise depuis sa création à EPFL Innovation Park, en 2011. Elle porte ses fonds à 250 millions de dollars.

L’option d’une introduction en Bourse en 2020 – évoquée dans nos pages déjà en 2018 – est-t-elle alors écartée? «C’est bel est bien toujours la trajectoire que nous souhaitons prendre dans les prochaines années, mais il n’y a pas d’urgence pour le moment», répond par écrit à l’Agefi le Jurgi Camblong, CEO et cofondateur. «L’objectif de cette nouvelle levée de fonds est donc de renforcer encore notre portée, avant de se lancer dans cette nouvelle étape», précise-t-il.

Accélérer sa conquête du globe

Menée par le fonds de capital-risque israélien A-moon et les Japonais de Hitachi Ventures, la série F tout juste clôturée a drainé l’intérêt de sociétés telles que Credit Suisse et le groupe Pictet, mais aussi celui de Swisscom Ventures, Endeavour Vision ou Eurazeo Growth, parmi d’autres.

Déjà présente à Boston, Sophia Genetics compte maintenant doper son expansion internationale. Le dirigeant originaire de Bayonne explique: «Les montants réunis lors de cette nouvelle levée de fonds seront alloués principalement à étendre notre présence sur les marchés américain et asiatique.» Si aucune ouverture de bureau supplémentaire n’est prévue dans l’immédiat, cette possibilité n’est «pas exclue», écrit-il. Jusqu’à 75 employés supplémentaires devraient s’ajouter aux actuels 350 collaborateurs, répartis à travers le globe, dans les prochains mois.

De plus en plus de données par hôpital

S’il a fallu moins de deux ans à cette compagnie pionnière de la médecine basée sur les données pour doubler son capital, elle n’a pas appliqué le même facteur à son nombre de partenaires. A ce jour, un réseau de 1000 hôpitaux utilise son système d’intelligence artificielle (IA) – nommé Sophia – à travers 85 pays; soit seulement 200 hôpitaux supplémentaires par rapport à janvier 2019, date de sa dernière levée de fonds. «Dans le monde, seuls 2000 à 3000 hôpitaux sont capables de produire des données génomiques et peuvent donc adopter notre technologie», justifie Jurgi Camblong. «Ce chiffre sera de plus en plus difficile à faire croître. Néanmoins, nous sommes le leader incontesté en termes de pénétration de marché.»
Un marché qui grandit de l’ordre de 20% chaque année et sur lequel un nouvel acteur chinois est arrivé récemment: «Nommé MGI, il va concurrencer Illumina, le leader actuel du segment des machines de séquençage de génomes. On peut donc s’attendre, du fait de cette concurrence, à ce que de plus en plus d’hôpitaux s’équipent pour adopter notre technologie», avance le CEO.
Jurgi Camblong souligne encore que le nombre de patients continue, lui, de grimper. Environ 600.000 profils génomiques ont déjà été analysés par la plateforme d’aide au diagnostic des maladies rares ou des cancers. «Oui, nous grandissons en signant de nouveaux hôpitaux, mais surtout en supportant plus de volume par hôpital, par exemple en proposants de nouvelles applications cliniques», poursuit le CEO. Aujourd’hui, son logiciel accueille jusqu’à 17.000 nouveaux profils par mois. 

Une recrue de plus

«La nouvelle levée de fonds nous permettra de renforcer l’offre, la performance et l’impact déjà unique de Sophia sur les patients et les thérapies ciblées», souligne Troy Cox, président du conseil d’administration, dans un communiqué. Ce document mentionne également que Didier Hirsch rejoindra l’organe responsable de la stratégie de l’entreprise. Ancien directeur financier d’Agilent, il est déjà membre du conseil d’administration de Logitech.

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AGEFI



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