Direct: les temps forts de la seconde audience de Mark Zuckerberg

mercredi, 11.04.2018

Le patron de Facebook s'explique une seconde fois devant la Chambre des représentants, après le scandale causé par le détournement des données de dizaine de millions de ses utilisateurs.

MH/SG

Mark Zuckerberg. (keystone)

Après des mois de scandale Cambridge Analytica, Mark Zuckerberg s'explique enfin devant les législateurs américains. Une première audition a été réalisée mardi par le Comité judiciaire du Sénat et le Comité du commerce, des sciences et des transports.

Pour son premier passage sur le grill, le multimilliardaire de 33 ans a fait son mea culpa. "Nous n'avons pas pris une mesure assez large de nos responsabilités et c'était une grosse erreur. C'était mon erreur et je suis désolé", a-t-il dit, la voix marquée par l'émotion.

La seconde audition à la Chambre des représentants cette fois a débuté à 16 heures (heure suisse). Mark Zuckerberg est toujours vêtu d'un costume, mais a troqué sa cravate bleu ciel pour un coloris plus sombre cette fois-ci.

En résumé, dans la première partie de l'audience, Zuckerberg a révélé que des acteurs malveillants avaient aspiré ses propres données sur la plateforme, son entreprise prévoyait de poursuivre Cambridge Analytica en justice, et a réfuté le fait que Facebook censure les conservateurs, une question abordée plusieurs fois, dans le camp des législateurs conservateurs.

A noter que certains élus présents ont reçu plusieurs milliers de dollars de la part de Facebook en soutien de leur campagne éléctorale, selon le site The Verge qui se base sur les données du Center for Responsive Politics. Durant 12 années, Facebook a donné plus de 7 millions de dollars aux élus. Des sommes que certains accusent de peser dans les questions de certains sénateurs, jugées trop "gentilles".

Le sénateur Frank Pallone (Floride) a été le premier à s'adresser au patron de Facebook. Sa question clé: "Voulez-vous vous engager à modifier tous les paramètres par défaut afin de minimiser autant que possible la collecte et l'utilisation des données des utilisateurs de Facebook?" Le sénateur a demandé à Mark Zuckerberg d’y répondre par oui ou par non, ce qu’il a refusé de faire, évoquant que cette question nécessitait une réponse plus longue. "Vous devriez vous engager!", lui a lancé le sénateur.

Anna Eshoo déclare que le dommage causé à la démocratie est incalculable. Elle qualifie les faits de manipulation cynique et dangereuse des citoyens. Lorsqu’Anna Eshoo demande si Facebook est prêt à changer son modèle économique pour aboutir à une meilleure protection des données. Mark Zuckerberg, vacillant, répond: "Je ne suis pas sûr de comprendre la question." 

"Vos données personnelles font-elles partie des informations qui ont été vendues à des tiers malveillants", lui a demandé la députée démocrate de Californie, Anna Eshoo. "Oui", a sobrement répondu le milliardaire.

Marsha Blackburn: "Est-ce que vous avez manipulé les algorithmes pour favoriser ou censurer du contenu?" Mark Zuckerberg "Nous ne pensons pas que nous censurons la parole. Nous filtrons uniquement le terrorisme." Blackburn renchérit: "Permettez-moi, mais Diamond and Silk ne sont pas des terroristes."

"N’êtes-vous pas le CEO de Facebook?"

La sénatrice Diana DeGette a interrogé Zuckerberg sur les poursuites contre Facebook dans le passé. Il a répondu qu’il ne se souvenait pas s’il y avait eu une pénalité financière contre son entreprise de la part de la Federal Trade Commission. "N’êtes-vous pas le CEO de Facebook?", a répliqué la sénatrice du Colorado.

Schakowsky de l'Illinois essaie de faire dire à Zuckerberg à combien d'autres entreprises Alexsander Kogan (le chercheur original qui a vendu des données à Cambridge Analytica) a vendu des informations. Il lâche, après quelques hésitations, "une poignée".

Butterfield est le premier sénateur à traiter de la question de la diversité raciale, mais monopolise les 4 minutes de discours. Il veut s'assurer que Zuckerberg améliore la diversité dans l'industrie de la technologie. Le patron de Facebook approuve mais ne répond pas directement à la question précise de savoir s'il est prévu d'inclure des afro-américains à la direction de l'entreprise dans le futur.

Matsui déclare que les utilisateurs Facebook ne contrôlent pas leurs données, en parlant des ciblages publicitaires sur le réseau social. Zuckerberg réfute. "Non! Vous avez le contrôle complet de ces données". Matsui souligne que les utilisateurs Facebook ne peuvent pas récupérer leurs données auprès des développeurs d'applications une fois qu'ils ont donné leur autorisation. Mark Zuckerberg esquive le sujet grâce à la pause de 5 minutes. 

Vous traquez chacun d'entre nous!

Kathy Castor aborde le sujet de la surveillance sur Facebook à coup de questions pressantes. "Il est impossible aujourd'hui de ne pas être suivi. Vous traquez chacun d'entre nous. Vous collectez des informations sur des personnes qui ne sont même pas sur Facebook et qui n'y ont donc pas consenti. Cela est correct?" Le patron de Facebook répond qu'il ne pense pas que c'est cela qu'ils pistent. Kathy Castor insiste sur les données médicales, ce à quoi Mark Zuckerberg répond par la positive: "Oui, nous collectons les données médicales des utilisateurs."

Jerry McNerney demande quand exactement les utilisateurs américains obtiendront des protections des données personnelles qu'ils partagent avec Facebook à la hauteur de la GDPA en Europe. Le milliardaire se contente de répondre "le plus tôt possible".






 
 

AGEFI



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