La patron de Bayer défend le rachat de Monsanto dans un climat houleux

vendredi, 26.04.2019

Le patron de Bayer, Werner Baumann, a défendu face à ses actionnaires le rachat l'an dernier du géant américain des pesticides et des OGM Monsanto.

Bayer martèle depuis l'été dernier qu'aucune étude et aucun régulateur dans le monde n'a conclu à la dangerosité du glyphosate depuis sa mise sur le marché au milieu des années 1970, bien que les jurés californiens l'aient jugé cancérogène.

Le patron de Bayer, Werner Baumann, a défendu vendredi face à ses actionnaires le rachat l'an dernier du géant américain des pesticides et des OGM Monsanto, lors d'une assemblée générale cernée par plusieurs centaines de manifestants.

Les quelque 13.400 requêtes visant désormais l'herbicide au glyphosate de Monsanto aux Etats-Unis "font porter une lourde charge à notre compagnie et inquiètent de nombreuses personnes", a d'emblée reconnu M. Baumann.

Cette pluie de procédures, après deux condamnations en quelques mois à verser au total 158,8 millions de dollars d'indemnités, a contribué à faire plonger le titre Bayer de près de 40% en Bourse depuis l'acquisition de Monsanto en juin 2018.

Elle fait aussi de Bayer une cible des mouvements écologiques, avec quelque 500 manifestants entourant vendredi le centre de conférences de Bonn pour appeler à "stopper le glyphosate" et jeter sous les pieds des actionnaires des abeilles mortes, pour dénoncer les ravages des néonicotinoïdes sur ces insectes.

Mais le groupe chimique et pharmaceutique allemand "demeure optimiste" sur le front judiciaire, et espère que les cours d'appel saisies dans les deux premiers dossiers américains "rendront des décisions différentes", "basées sur l'analyse scientifique et non sur l'émotion", a assuré Werner Baumann.

Bayer martèle depuis l'été dernier qu'aucune étude et aucun régulateur dans le monde n'a conclu à la dangerosité du glyphosate depuis sa mise sur le marché au milieu des années 1970, bien que les jurés californiens l'aient jugé cancérogène.
"Nous demeurons convaincus du caractère sûr du glyphosate", a insisté Werner Baumann, à l'origine du pari historique pris par Bayer en déboursant 63 milliards de dollars pour acquérir Monsanto.

Depuis le départ, le groupe de Leverkusen défend la vision de long terme d'une agriculture toujours plus stimulée par la chimie, pour nourrir une population mondiale croissante alors que le réchauffement climatique perturbe les terres arables.
Et pour M. Baumann, la pertinence économique du mariage reste intacte, puisque le groupe fusionné détient "des activités leader dans la protection chimique et biologique des récoltes, les semences conventionnelles et +biotech+, et l'assistance numérique à l'agriculture".
La désaffection actuelle des investisseurs pour le titre est "exagérée" et ne reflète pas la "valeur réelle" du groupe, a-t-il affirmé.






 
 

AGEFI



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