Frédérique Constant s'apprête à inaugurer l'extension de sa manufacture

mardi, 04.06.2019

Le nouveau bâtiment de la marque horlogère Frédérique Constant va permettre de presque doubler la surface de la manufacture de Plan-les-Ouates.

L'extension devra répondre aux ambitions de l'horloger qui compte produire 250'000 pièces d'ici trois à cinq ans.

La marque horlogère Frédérique Constant inaugure mercredi l'extension de sa manufacture de Plan-les-Ouates. Elle sera pour l'essentiel opérationnelle dès le mois d'août et devra répondre aux ambitions de l'horloger qui compte produire 250'000 pièces d'ici trois à cinq ans et quasiment doubler le nombre de ses employés.

Le nouveau bâtiment, qui a coûté 10 millions de francs, va permettre de presque doubler la surface de la manufacture, atteignant 6200 mètres carrés.

"Chaque étage est connecté, on peut facilement aller d'un bâtiment à l'autre, explique le cofondateur et président de Frédérique Constant, Peter Stas, dans un entretien à AWP. Au dernier étage se trouvent des open space pour les bureaux, au-dessous les espaces de stockage et les ateliers. Au rez-de-chaussée, il y a une grande cafétéria et un musée." Les 3000 visiteurs annuels de la manufacture - un chiffre qui va grossir selon lui - y feront étape.

Le musée sera basé sur "l'expérience et l'interactivité", un peu "à la manière de ce qui se fait aux Etats-Unis pour immerger les gens dans l'histoire horlogère mais aussi les smartwatches". Une manière de rappeler que Frédérique Constant a lancé sur le marché une montre intelligente en 2015, avant une montre hybride en 2018. "Ces segments représentent 15% des ventes de Frédérique Constant et 30% d'Alpina", précise M. Stas.

Objectif de 250'000 pièces produites

La production des trois marques Frédérique Constant, Alpina et Ateliers de Monaco qui atteint 160'000 garde-temps, est amenée à grandir.

"Nous prévoyons 250'000 pièces d'ici trois à cinq ans, grâce notamment à une croissance d'Alpina qui va passer de 30'000 à 60 ou 70'000 montres, grâce aux smartwatches, à des innovations et aux clients jeunes. C'est pourquoi nous avons besoin de plus grands ateliers, davantage d'espace de stockage et de plus de place pour la communication".

Actuellement, entre 120 et 130 personnes travaillent dans l'entreprise. "Un chiffre amené à augmenter étape par étape pour atteindre 200 à 220 personnes" d'ici 2024 afin d'assurer le développement de la production, estime Peter Stas, qui a fait le choix de céder son entreprise au groupe japonais Citizen en 2016.

Frédérique Constant connaît "une petite croissance à un chiffre, mais nous en sommes contents. Nous prévoyons beaucoup d'innovations pour l'année prochaine."

Il assure que l'industrie horlogère est en pleine restructuration, notamment liée aux changements de goût des consommateurs, enclins à dépenser davantage pour s'offrir des produits électroniques. "Sans oublier l'influence du marché disruptif de la smartwatch, où sont actifs des acteurs qui ne viennent pas de l'horlogerie. On compte 40 millions de pièces vendues dans le monde dont la moitié pour Apple".

Miser sur les points de vente physiques

A l'inverse d'autres marques très dépendantes de la Chine, les ventes pour les trois enseignes sont réalisées à plus de 50% en Europe "avec une clientèle locale et touristique" et à 25% en Asie comme le Japon, la Corée du Sud, Hong Kong, Taïwan, la Chine ou l'Australie. "Nous avons aussi de bonnes ventes au Moyen-Orient et Citizen veut étendre notre présence aux Etats-Unis, où ils sont très forts".

L'essentiel des garde-temps vendus coûte entre 800 et 3000 francs. "Nous n'avons jamais quitté cette fourchette de prix, heureusement. C'est un segment de prix qui se vend très bien dans des boutiques indépendantes", se réjouit M. Stas.

La marque s'appuie sur un réseau de près de 3000 points de vente dans le monde. "Nous n'avons aucunement l'intention de réduire le nombre de nos points de vente. Nous y voyons toujours un grand intérêt, car les montres sont des objets de valeur et que les clients doivent pouvoir les toucher, ajuster les bracelets en boutique, poser des questions, avoir du service."

Et si les sirènes du commerce en ligne se font de plus en plus entendre dans l'industrie horlogère, Peter Stas n'est pas convaincu qu'il soit la priorité. "Même pour Richemont qui a dépensé 3 milliards pour racheter Yoox-Net-A-Porter, le e-commerce atteint 10% (15% selon le dernier rapport 2018/2019 du groupe de luxe). Même si la tendance est à la vente en ligne et que beaucoup s'attendent à ce que cela progresse, on parle surtout de croissance à un chiffre dans ce domaine". (ats)






 
 

AGEFI



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