Le boom des sports extrêmes ... sans assurance accidents

dimanche, 03.09.2017

Le nombre de sportifs s'adonnant à des activités à haut risque qui ne sont pas entièrement assurées contre les accidents explose. Le vélo de descente, le parapente, la course en quad ou encore la luge de rue figurent dans l'offre touristique estivale quasi standard. Or les accidents peuvent coûter cher.

En cas d'accidents résultant d'une entreprise téméraire "absolue", les prestations peuvent être réduites voir carrément refusées dans les cas particulièrement graves. (Keystone)

Pour nombre de sportifs amateurs, la nature suisse est une scène pour s'offrir une expérience insolite. Jamais toutefois l'équipement pour les activités de loisirs n'a été aussi professionnalisé, et l'offre aussi variée.

Les remontées mécaniques proposent désormais aux amateurs de vélo de descente ("downhill bike") des billets spéciaux pour accéder aux pistes et parcs de VTT. Parmi les utilisateurs, ils sont peu à avoir conscience de la limite entre une descente normale et un sport extrême - et à réaliser qu'un accident peut se révéler onéreux.

Les assureurs désignent certains sports spécialement risqués comme "des entreprises téméraires", opérant une distinction entre "relatives" et "absolues". Au sein des assurances, une commission ad hoc est chargée de définir les deux catégories.

Prestations refusées

En cas d'accidents résultant d'une entreprise téméraire "absolue", la Suva réduit de moitié les prestations en espèces, explique une porte-parole. Elles sont carrément refusées dans les cas particulièrement graves.

On parle d'entreprise téméraire absolue notamment "lorsqu'une activité s'accompagne de risques qui, indépendamment de la situation concrète, ne peuvent pas être réduits à des proportions raisonnables." Idem si l'activité peut être considérée comme déraisonnable ou répréhensible.

Sur la liste des sports jugés comme tels figurent le Downhill bike, mais aussi les acrobaties avec un vélo, les courses à moto ou en bateau à moteur ainsi que les rallyes automobiles. En font également partie le base-jumping, les descentes en planche à roulettes ou encore la plongée au-delà de 40 mètres de profondeur.

Si en revanche les risques peuvent être réduits à des proportions raisonnables, l'entreprise téméraire est désignée comme relative. Ainsi l'activité normale de vélo de montagne (VTT) bénéficie d'une couverture complète, à condition cependant que les règles et consignes de sécurité usuelles soient respectées.

Franchise augmentée

La franchise peut aussi être augmentée dans le cas d'accidents se produisant en dehors des pistes et sentiers balisés lors d'activités en montagne et pour les sports de neige. Toutefois, cette règle ne s'applique pas lorsque l'équipement est jugé insuffisant.

Le parapente et le deltaplane pratiqués dans des conditions de vent difficiles rejoignent également la catégorie des entreprises téméraires relatives. Souvent, les entreprises complètent l'assurance accidents obligatoire de leurs collaborateurs par une couverture complémentaire.

Des assureurs tels que La Bâloise, La Mobilière, Allianz et Zurich offrent des produits complémentaires couvrant les entreprises à risques relatifs et absolus. Spécialiste de La Bâloise, Sandra Seeburn précise qu'aucune exclusion ne frappe les risques absolus, comme par exemple le base-jump (saut extrême).

Selon l'enquête de l'ats, les assureurs ne disposent pas de produits spécifiques pour les entreprises à risques. Dans certains cas, les assurances accidents individuelles, destinées aux enfants, aux femmes au foyer, retraités, notamment, assurent une couverture plus étendue que les solutions collectives.

Nombre d'accidents limité

L'assurance accident individuelle de La Bâloise, par exemple, couvre les entreprises à risques, à l'exception cependant des entraînements et compétitions de sports motorisés. La Mobilière se montre plus restrictive et examine le profil de risque du souscripteur avant la conclusion de la police. Des exclusions de couverture sont ainsi possibles, explique Kim Allemann, porte-parole de l'assureur bernois.

Selon les compagnies d'assurance, le nombre d'accidents intervenant lors de loisirs à risques reste pour l'heure relativement insignifiant par rapport aux 500'000 accidents non professionnels annuels. Bien que forte, la demande pour des couvertures complémentaires reste stable, précisent La Mobilière et La Bâloise.

Les situations à risques de ce type vont augmenter à l'avenir, tout comme les activités risquées, note Patrik Pensa, le porte-parole de La Bâloise. Et son homologue d'Allianz, Bernd de Wall, de constater qu'il est intéressant et parfois peu compréhensible de voir à quel point un assuré est prêt à prendre de gros risques.(awp)


 

 
 

 
 

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