Le milieu de la construction est en mouvement!

lundi, 11.03.2019

Hanane Arnaud*

Hanane Arnaud

Qui imaginerait aujourd’hui un permis de conduire différent d’un canton à l’autre? Si ce n’est pas le cas pour le permis voiture, cela l’est pourtant pour le permis machiniste c’est-à-dire ce sésame qui permet de conduire des engins de chantier pouvant faire plus de 20 tonnes! Cette situation est en train d’être corrigée depuis que la Société suisse des entrepreneurs, Unia et Syna ont décidé de créer l’association K-BMF (Kran und Baumaschinenfüher) qui a défini un règlement d’examen propre aux machines de chantier.

Le canton de Genève, avec les cantons de Neuchâtel, Vaud et Valais, ont été pionniers dans la création du permis machiniste, puisqu’ils disposent tous d’une réglementation cantonale qui impose une formation différenciée pour les engins de chantier, validée par un examen.

La Suisse romande a adopté une convention régionale de reconnaissance mutuelle des permis délivrés dans les différents cantons. Les liens entre ces derniers se sont renforcés par la création de documentation de cours unifiée, gage du sérieux et du souci permanent de la sécurité des travailleurs sur les chantiers. Les entreprises, les collectivités publiques ainsi que les organismes étatiques, peuvent ainsi disposer de formations adaptées à leurs besoins spécifiques, allant des petites machines de moins de 2 tonnes jusqu’aux engins de plus de 20 tonnes!

Mais le défi est-il pour autant gagné? Pas si sûr! La robotisation et l’informatisation des métiers de la construction progressent. Il faudra donc être réactif, innovant et faire preuve d’une adaptabilité de plus en plus rapide pour répondre aux besoins des entrepreneurs: BIM (Building Information Modeling), culture du digital, robotisation, maisons en 3D, création d’énergie renouvelable par capteurs installés sous la chaussée etc. Le futur des bâtisseurs doit donc être réinventer!

Les enjeux environnementaux sont également de taille. Ils vont des matériaux de construction, aux modes opératoires, en passant par le traitement des déchets de chantier et le recyclage, voire l’élimination des matériaux polluants.

Pour accompagner cette évolution, le secteur de la formation vit une mue extraordinaire. Il est l’élément clé incontournable de cet avenir. Certains parlent de formation transdisciplinaire! Un maçon deviendra-t-il un informaticien ou un automaticien? Qui rénovera alors nos vieilles bâtisses et nos monuments historiques? Qui fera de la maçonnerie ancienne ou de la taille de pierre? Comment faire la synthèse de tout ceci et d’autres enjeux encore qui nous échappent aujourd’hui? Telle est la mission collective du secteur de la construction en Suisse et ailleurs. La formation professionnelle, bras armé de celui-ci, doit permettre de le doter du personnel qualifié dont il a grandement besoin!

* Directrice, Institut de Formation de la Construction






 
 

AGEFI



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