Le marché suisse de la moto en pleine phase de transition

mercredi, 20.02.2019

Le marché suisse des deux-roues devraient retrouver une certaine stabilité cette année.

En 2018, la plupart des constructeurs de deux-roues ont vu leurs ventes diminuer en Suisse. (Keystone)

Après avoir connu un important recul l'année dernière avec une chute de près plus de 7,5% des ventes, le marché suisse du deux-roues devrait retrouver une certaine stabilité en 2019. Avec un regain de nouveautés et des changements réglementaires importants en vue, les immatriculations devraient pouvoir se maintenir au "niveau élevé de 2018", a confié à AWP Roland Müntener, président de l'association des importateurs Motosuisse.

Selon lui, la chute des ventes observée en 2018 est à mettre sur le compte de plusieurs éléments. Tout d'abord, l'essoufflement de l'effet prix, qui avait amené l'ensemble des distributeurs helvétiques à concéder d'importants rabais dans le sillage de l'abolition en janvier 2015 du taux plancher face à l'euro par la Banque nationale suisse (BNS).

A cela s'ajoute un effet de base exceptionnel après l'immatriculations en 2017 d'un nombre important de véhicules de flotte (armée et police). "Nous étions conscients que ces éléments positifs ne pouvaient pas être durables et nous nous attendions à une correction en 2018", explique le Saint-gallois, reconnaissant une année "moins riche en nouveautés" que les précédentes.

Les perspectives pour 2019 sont "en principe positives", poursuit le responsable. La suppression prévue en 2021 de la possibilité d'accéder dès l'âge de 25 ans directement à une grosse cylindrée devrait doper les ventes dans ce segment. A compter de cette date, le marché des 125 cc, qui sera alors accessible dès 16 ans, devrait également "gagner significativement en importance", alors que celui des 50 cc est appelé à disparaître.

Pour le directeur de Yamaha Suisse, Vincent Mentha, le marché helvétique a connu une légère saturation en 2018, et 2019 devrait être une année de transition, en raison notamment de l'introduction prochaine des normes anti-pollution Euro-5, qui se traduit par "un renouvellement progressif des gammes actuelles des différents constructeurs".

L'électrique peine à démarrer

Au nombre des facteurs influents, le responsable du leader de la branche en Suisse cite le lancement de modèles à propulsion électrique chez différents constructeurs, qui devrait selon lui "ouvrir de nouvelles perspectives d'ici 2 à 3 ans". Mais malgré une demande accrue des consommateurs pour ce type de propulsion, force est de constater que l'électrique a de la peine à trouver grâce auprès des motards.

A cet égard, le deux-roues est nettement désavantagé par rapport à la voiture. "D'une part, les motos ne disposent que de très peu de place pour de grosses batteries, et d'autre le comportement routier, et donc la sécurité, se retrouvent manifestement péjorées par ce supplément de poids", explique Roland Müntener.

Il dit s'attendre à voir les alternatives à la propulsion thermique se développer à l'avenir, mais "pour le moment, la technologie nécessaire n'est pas suffisamment aboutie pour rendre possible une production de série rentable". Ainsi, l'offre limitée ne satisfait qu'un "petit groupe de consommateurs disposés à accepter les désavantages actuels" (autonomie, poids, prix, etc).

En 2018, la plupart des constructeurs de deux-roues ont vu leurs ventes diminuer en Suisse. Numéro un depuis plusieurs années, le japonais Yamaha a accusé un repli de 5,4% sur un an, à 8525 unités, et son compatriote Honda de 2,6% à 6299. Loin derrière, l'italien Vespa a écoulé 3615 scooters (-2,6%) alors que les ventes de l'allemand BMW, qui avaient bondi de près d'un tiers en 2017, ont plongé d'autant à 3389 unités.

Dans ce contexte de recul généralisé, le motoriste autrichien KTM - par ailleurs récemment coté à la Bourse suisse - s'est distingué, avec un total de 1707 motos vendues, soit 1,5% de plus qu'en 2017. (ats)






 
 

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