Dans la course au rachat de la Bourse de Milan, Euronext est en pole position, SIX prend acte

vendredi, 18.09.2020

Le London Stock Exchange préfère Euronext dans le cadre de la ventre Bourse de Milan. L’opérateur boursier gère déjà de nombreuses Bourses européennes dont celle de Paris et ne cesse de grandir à coup d'acquisitions. Des négociations sont en cours.

La Borsa Italiana est à vendre. Principale place boursière italienne, elle est basée à Milan et fut fondée en 1997. (Keystone)

Le groupe London Stock Exchange (LSE) a annoncé vendredi être en "discussions exclusives" avec l'opérateur boursier paneuropéen Euronext pour lui vendre la Bourse de Milan, que convoite également le groupe financier SIX, propriétaire de la place boursière zurichoise.

La société boursière britannique a indiqué, dans un communiqué avoir "reçu et étudié un certain nombre d'offres" pour le rachat de Borsa Italiana. Le groupe zurichois SIX Group et l'allemand Deutsche Börse avaient notamment confirmé avoir soumis chacun une proposition. Dans une prise de position, SIX "prend acte" de ces discussions, sans vouloir les commenter.

En se portant acquéreur de la Bourse italienne, SIX comptait réaliser "un pas supplémentaire vers la création d'un champion européen d'envergure mondiale", selon son patron Jos Dijsselhof, qui s'est exprimé jeudi dans le Corriere della Sera. L'opérateur de la Bourse suisse a acquis ce printemps l'homologue espagnole Bolsas y Mercados Españoles (BME).

Aucune certitude

Mais le LSE a préféré Euronext, qui gère déjà de nombreuses Bourses européennes dont celle de Paris et ne cesse de grandir à coup d'acquisitions. La principale place boursière de la zone euro basée à Amsterdam ne se lance pas toute seule à l'assaut de la Bourse italienne, puisqu'elle a déposé une offre en partenariat avec la Caisse des dépôts et la banque italienne Intesa Sanpaolo. LSE précise qu'il n'y a "aucune certitude" qu'une transaction ressortira de ces négociations et que toute vente potentielle dépendra du résultat de l'évaluation par la Commission européenne de son rachat en cours du groupe américain de données financières Refinitiv.

Fin juillet, le LSE avait fait savoir qu'il envisageait de céder la Bourse de Milan justement afin de faire approuver par Bruxelles l'acquisition de Refinitiv pour 27 milliards de dollars. Avec Borsa Italiana, Euronext mettrait la main en plus sur la plateforme italienne MTS, qui lui permettrait de faire son entrée dans la négociation des dettes souveraines. Il se renforcerait également dans les activités de compensation (via CC&G) et celles de dépositaire de titre (via Monte Titoli) après l'acquisition récente du dépositaire central danois VP Securities. Euronext a précisé que "le prix et les délais ne sont pour l'instant pas communiqués". Bloomberg estime que Borsa Italiana pourrait être rachetée entre 3,5 et 4 milliards d'euros.

Virage vers les données financières

Le groupe européen rappelle dans un communiqué distinct que Borsa Italiana deviendrait le plus grand contributeur à son chiffre d'affaires. Il prend le soin d'indiquer que la société conservera son implantation italienne.

Euronext chapeaute à ce jour outre Paris, les Bourses de Bruxelles, Amsterdam, Lisbonne, Dublin et Oslo. Pour l'heure, la France représente le plus gros contributeur à hauteur de 49% du chiffre d'affaires. L'opération prévoit en outre que la Caisse des dépôts et la banque italienne Intesa Sanpaolo entrent au capital d'Euronext, qui entend financer cette acquisition grâce à sa trésorerie, de la dette et une émission d'actions.

Au moment où le groupe européen met l'accent sur les places boursières, le LSE entend lui s'en éloigner pour mettre l'accent sur les données financières. Le groupe britannique est l'un des poids lourds européens des marchés. Outre les places boursières de Londres et Milan, il est aussi propriétaire de la gamme d'indices Russell et de la puissante chambre de compensation LCH.

Craignant des effets négatifs sur la concurrence, la Commission européenne avait annoncé fin juin l'ouverture d'une enquête approfondie sur son projet de rapprochement avec Refinitiv, annoncé durant l'été 2019. Société basée à New York, connue des professionnels pour son terminal d'informations financières Eikon, Refinitiv est l'un des principaux fournisseurs mondiaux de données pour les professionnels des marchés, avec plus de 40.000 sociétés clientes dans 190 pays.

La transaction pourrait toutefois tomber à l'eau si elle n'est pas conclue d'ici le 31 mai 2021. Il s'agit d'une opération énorme pour le LSE qui devra mettre sur la table 14,5 milliards de dollars en capital et reprendre une dette d'environ 12,5 milliards, selon les termes d'un accord avec les actionnaires de Refinitiv, à savoir des fonds gérés par Blackstone et le groupe de médias et services américano-canadien Thomson Reuters. Le LSE avait d'ailleurs préféré se concentrer sur l'acquisition de Refinitiv plutôt que d'accepter fin 2019 une offre de rachat par la Bourse de Hong Kong (HKEX).  (AWP/AFP)

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