Le jour d’avant, le jour d’après, le jour sans lendemain?

jeudi, 24.09.2020

Olivier Sandoz *

Olivier Sandoz

Le monde d’après Covid-19 est très à la mode. Que de publications, d’interviews sur le sujet! En mars 2020, Emmanuel Macron affirmait que «le jour d’après ne sera pas un retour au jour d’avant». André Comte-Sponville, philosophe et éditorialiste, parie quant à lui que cette mode ne durera pas: «rien ne se démode plus vite que l’avenir».

Dans un éditorial de Challenges de juin 2020, il écrit: «certains voudraient que la pandémie change tout, qu’elle mette fin – on se ­demande par quel miracle - à l’égo­ïsme de chacun et aux contradictions de tous.

Demain on vivra mieux en consommant moins, on fera reculer la pauvreté en créant moins de richesse, l’industrie sera verte et même la nature deviendra bienveillante. On en rêve mais qui peut y croire?». D’autres voient dans la crise la fin de la mondialisation, de la croissance, du capitalisme.

Effet accélérateur

Ce qui est sûr, c’est que la Covid-19 a des conséquences sanitaires et économiques graves au niveau mondial. Cette pandémie nous concerne toutes et tous. Le virus évolue tout comme nos connaissances sur ce dernier.

Nous devons accepter le fait qu’une mesure décidée par les autorités soit revue et modifiée rapidement.

La situation est plus incertaine que jamais. Nous n’avons pas d’autres choix que de composer avec cela, tout en rappelant que les entreprises ont besoin de visibilité.

Il y aura vraisemblablement un monde d’après et ce dernier se situe certainement au niveau de l’organisation du travail (télétravail) et du recours aux visioconférences. Ce ne sont pas des phénomènes nouveaux, mais la pandémie a eu un effet accélérateur.

Toutefois, malgré le contexte, les fondamentaux demeurent: pour redistribuer de la richesse, il faut d’abord la créer.

Les entreprises doivent pouvoir évoluer au sein des meilleures conditions cadre possibles. Ces dernières sont dangereusement remises en cause par celles et ceux qui n’ont de cesse de leur rendre la vie encore plus difficile en voulant par exemple supprimer la libre circulation des personnes, mettant à mal nos relations avec notre principal partenaire commercial, imposer un salaire minimal ou encore augmenter l’imposition du bénéfice.

Le climat, le développement durable et la responsabilité sociale des entreprises sont régulièrement en proie à des débats insinuant qu’ils étaient des concepts inconnus avant la pandémie. C’est bien évidemment totalement faux.

La mondialisation n’a certes pas que des avantages, mais elle a favorisé le recul de l’extrême pauvreté, la diminution de la mortalité infantile, les échanges et la recherche.

Les enjeux principaux auxquels nous faisons face ne pourront pour la plupart pas se résoudre au niveau local, mais bel et bien de manière globale. Il est impératif de demeurer ouvert à l’autre. L’ouverture ayant permis jusqu’à maintenant à la Suisse d’être prospère.

* FER Genève






 
 

AGEFI



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