L’Afrique invente son propre modèle

mardi, 21.03.2017

Le groupe Mazars s’est penché sur les tendances en matière d’innovation et d’intrapreneuriat sur le continent Africain, où l’entreprise est présente dans 25 pays. Une étude fournie sur ce thème est publiée à l’occasion de l’Africa CEO Forum à Genève.

Marjorie Théry

Abdou Diop. Managing Partner de Mazars au Maroc.

Pour Mazars, l’Afrique «invente son propre modèle». Présent depuis plus de 40 ans sur le continent, le groupe d’audit et de conseil s’est penché sur ces tendances en matière d’innovation et d’intrapreneuriat. Une étude fournie sur ce thème est publiée à l’occasion de l’Africa CEO forum, qui se tient actuellement à Genève. A travers de nombreux exemples et entretiens, Mazars entend montrer que l’Afrique n’est pas ce continent qui cherche à «rattraper son retard» en actionnant le levier de l’innovation, mais qui invente son modèle, en trouvant des solutions innovantes aux enjeux qui lui sont propres.

Pour les auteurs de l’étude, il n’est donc plus uniquement question de « leap frog », la mondialisation avancée et les technologies de communication instantanée renforçant les interconnexions entre les écosystèmes africains, mais aussi au-delà des frontières.  Rappelons que l’Afrique est le deuxième marché mondial de téléphonie mobile désormais, avec plus de 500 millions d’abonnés uniques, et une croissance à deux chiffres dans de nombreux pays. 

Les exemples détaillés et contextualisés sont éclairants. Co‐Creation Hub catalysant des projets de start‐ups au Nigeria, plateforme de « crowdsolving » en Egypte, permettant à des entreprises qui font face à une problématique de lancer des appels à des idées de solutions, digitalisation des services publics au Sénégal ou au Rwanda en passant par des hackathons et des startup, ou encore collaboration locale avec des groupes internationaux, qui s’intéressent toujours plus à l’Afrique comme hub pour l’innovation à part entière.

« Continent de la disruption technologique, l’Afrique franchit actuellement une nouvelle étape en matière d’innovation. Après les success stories des fintech et de la bancarisation du secteur des télécommunications, le continent connaît un nouvel élan avec les pratiques d’intrapreneuriat et d’open innovation, qui apportent des solutions locales pragmatiques, dans des environnements ne bénéficiant pas toujours des ressources internes et du cadre réglementaire propices à la création d’offres innovantes», explique Abdou Diop, Managing Partner de Mazars au Maroc, cité dans le communiqué. Ce dernier a fait le déplacement pour l’Africa CEO Forum, ainsi que d’autres associés du groupe, en provenance du Maroc, de Tunisie, du Sénégal, d’Afrique du Sud ou de Paris. Le groupe d’audit et de conseil est aujourd’hui présent dans 25 pays africains, à travers 45 bureaux qui emploient 2500 collaborateurs. Il conseille également depuis Genève des organisations internationales présentes sur le continent.

Pour Mazars, le continent africain « est en véritable ébullition numérique: bourgeonnants en Afrique centrale ou dans l’Ouest francophone, en phase de développement accéléré comme au Rwanda, structurés comme l’exception sud-africaine». D’autres pays bénéficient de positions privilégiées comme au Maroc, proche historiquement des Etats-Unis et géographiquement de l’Europe, ou en Egypte, qui profite de sa proximité avec le Moyen-Orient. L’étude souligne aussi que l’Afrique anglophone dispose en particulier d’un terreau d’innovation important, à Nairobi, à Lagos, à Johannesburg et au Cap, à Accra ou encore à Kigali.

Elément frappant de l’étude, un sondage révèle que près de 70% des salariés en Afrique se disent prêts à quitter leur entreprise si elle n’est pas favorable à l’innovation et à l’intrapreneuriat. Un taux très élevé qui révèle aussi l’ambition du continent, à la population jeune et en forte croissance: la population totale va augmenter de plus de 400 millions dans les années à venir, pour atteindre près d’1,7 milliard en 2030. Un quart de la population mondiale sera ainsi africaine en 2050. Et surtout, elle est jeune: 50% de sa population active aura bientôt moins de 25 ans.

Pour Mazars, l’innovation devient ainsi une priorité stratégique pour un nombre croissant d’entreprises établies en Afrique. Les questions d’éducation, de gestion et de fidélisation des talents deviennent ainsi cruciales pour les entreprises. Non seulement au niveau local, mais aussi au regard d’une diaspora africaine qui revient de plus en plus sur le continent pour participer à sa croissance.

Le groupe d’audit et de conseil est lui même en forte croissance dans cette région du monde ces dernières années. Une fusion importante en Afrique du Sud il y a quelques années a fourni une visibilité supplémentaire. Le groupe développe aussi une stratégie de partenariats avancés avec des entreprises locales, qui sont intégrées au partership Mazars si l’expérience est concluante. C’est le cas de la Tanzanie par exemple, où un bureau correspondant a été récemment intégré dans le partnership de  Mazars. Le groupe a développé sa présence  ces derniers mois, comme au Mozambique, au Rwanda et en Ethiopie. 


 

 
 

 
 

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