Salini Impregilo a de grandes ambitions pour sa filiale helvétique

mardi, 09.07.2019

Le groupe italien Salini Impregilo veut doubler le volume d'affaires de sa filiale helvétique d'ici 2022.

Les recettes de CSC cette année devraient avoisiner les 120 millions de francs.

Le géant italien de la construction Salini Impregilo projette d'étoffer considérablement sa présence en Suisse, dans la partie romande notamment. D'ici 2022, il entend y doubler le volume d'affaires de sa filiale locale, l'entreprise tessinoise CSC Impresa Costruzioni.

Les recettes de CSC cette année devraient avoisiner les 120 millions de francs, "un montant que nous comptons doubler d'ici deux à trois ans", a confié à AWP à Bâle en marge d'une conférence Joseph Attias, président du conseil d'administration de CSC et directeur en charge de l'ingénierie, développement et concessions à l'échelle du groupe.

La marge de progression sur le marché suisse est importante selon le Français, qui précise qu'il entend atteindre la croissance visée sans apport externe: "une acquisition en Suisse n'est pas à l'ordre du jour". L'autre objectif visé par l'entreprise est "l'excellence opérationnelle sur les chantiers", où se trouve le potentiel d'amélioration de la rentabilité.

L'entreprise basée à Lugano vit depuis deux ans une phase de restructuration en profondeur, qui a débuté avec le remaniement complet de l'équipe dirigeante, désormais chapeautée par Matteo Buzzetti.

Musculation technique

CSC a récemment étendu sa présence en Suisse romande, en inaugurant en juillet 2017 un bureau à Lausanne. Ce dernier compte désormais une vingtaine d'ingénieurs - transférés de la maison-mère et embauchés sur le marché local - contre un peu plus du double basés au siège luganais. Quant au marché alémanique, le groupe a pour l'heure décidé de faire l'impasse, préférant consolider ses opérations dans les cantons latins.

"Nous avons décidé de renforcer drastiquement CSC au niveau des compétences techniques et opérationnelles" explique Joseph Attias. Grâce à la nouvelle orientation stratégique, la société tessinoise peut se prévaloir des moyens "extrêmement avancés" du groupe transalpin, qu'elle-même ne pourrait pas se permettre du fait de sa petite taille.

Ainsi, des systèmes de modélisation complexes permettent d'analyser une multitude de paramètres d'un ouvrage: du calcul de structure au cycle de vie, en passant par l'isolation, les coûts, la maintenance, le bilan carbone, etc.

Si les investissement consentis ont pesé sur la rentabilité de CSC, les premiers effets positifs de la transformation commencent à se faire sentir. "En deux ans, le volume et le chiffre d'affaires ont déjà augmenté", affirme son président.

Après une légère contraction en 2018, les recettes de l'entreprise devraient quasiment doubler cette année, pour atteindre les 120 millions de francs, selon des projections réalisées fin juin. "Il y a toujours une marge d'incertitude, mais tout est assuré pour l'année en cours et la prochaine", assure le dirigeant.

Génie civil détrôné

La réorientation stratégique se reflète également dans la répartition des revenus de l'entreprise. Alors qu'historiquement, les travaux de génie civil (routes, ponts, tunnels, digues) constituaient l'essentiel du chiffre d'affaires, la part des activités dans le bâtiment et l'entreprise générale est désormais prédominante.

Cette tendance devrait encore s'accentuer en 2019, avec une part attendue de plus de deux tiers. "L'univers du bâtiment est plus conjoncturel, plus grand et plus réactif", alors que les décisions d'investissement dans les infrastructures demandent plus de temps, fait valoir Joseph Attias.

Alors que l'entreprise est en pleine phase d'expansion, le dirigeant signale des difficultés à trouver de la main d'oeuvre qualifiée, notamment au niveau des chefs de projet et des ingénieurs. L'univers de la construction peine aujourd'hui à séduire les jeunes car il est perçu comme un "métier de laborieux", et plus comme autrefois prestigieux et rémunérateur.

En termes de volume, CSC, depuis 1990 propriété exclusive d'Impregilo (avant sa fusion avec Salini en 2014), représente une goutte d'eau par rapport aux 6,0 milliards d'euros de chiffre d'affaires du groupe. "Les recettes annuelles de CSC représentent à peine celles mensuelles d'un projet de Salini Impregilo", illustre Joseph Attias.

Spécialisé dans les très grands projets - cinq à plusieurs dizaines de milliards - le groupe de construction italien coté à la Bourse de Milan emploie quelque 35'000 personnes à travers le monde et revendique à fin 2018 un carnet de commandes de 33,4 milliards d'euros.

Fondée en 1960, CSC Impresa Costruzioni compte un effectif de quelque 200 collaborateurs. Son portefeuille comprend plusieurs projets au Tessin (élargissement du tunnel autoroutier d'Airolo, doublement de la ligne ferroviaire entre Locarno et Contone, nouveau quartier résidentiel à Bellinzone). On lui doit également la réalisation de l'extension de la gare de Chiasso, du viaduc ferroviaire Lugano-Bellinzona-Camorino et du pont autoroutier de Manno.

Plus récemment, l'entreprise a remporté un appel d'offres auprès des CFF pour la construction d'un quartier mixte à Renens pour un volume de plus de 100 millions de francs. (ats)






 
 

AGEFI



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