AMS et Osram ont trouvé un accord sur l'offre de rachat

mardi, 12.11.2019

Le groupe autrichien AMS a signé un accord avec l'allemand Osram Licht concernant l'opération de rachat.

AMS et Osram sont en pourparlers depuis l'été en vue de la conclusion d'un accord de regroupement d'entreprises qui reste soumis à l'approbation des autorités compétentes. (Keystone)

La reprise d'Osram Licht par AMS se précise. Le fabricant autrichien de capteurs, coté à la Bourse suisse, a signé un accord avec le spécialiste allemand de l'éclairage concernant l'opération. Le conseil d'administration de l'entreprise munichoise recommande désormais à ses actionnaires d'accepter l'offre publique d'achat du groupe basé à Unterpremstätten.

"Après d'intenses négociations, nous nous sommes mis d'accord sur de nombreuses conditions-cadres décisives pour l'avenir d'Osram et de nos employés", a déclaré Olaf Berlien, directeur général d'Osram Licht, cité dans le communiqué diffusé mardi.

"Le plus important, c'est que les employés des sites allemands soient protégés contre les licenciements liés à la fusion jusqu'à fin 2022", a-t-il précisé.

A l'issue de son exercice décalé 2019, clos fin septembre, Osram Licht employait quelque 23'500 salariés, un effectif en baisse de 10,3% sur un an. L'accord concrétise aussi le maintien d'un 2e siège pour le groupe fusionné à Munich, lequel doit assumer la moitié des fonctions centrales de la nouvelle entreprise.

Les deux partenaires se sont également entendus sur le fait que la raison sociale du groupe né de la transaction reflète la "marque forte" que représente Osram. L'entreprise bavaroise note en outre qu'AMS soutient expressément la stratégie photonique d'Osram.

Observatrice indépendante

Afin d'assurer la mise en oeuvre de l'accord, Brigitte Ederer, ancienne membre du directoire de Siemens et ex-présidente du conseil de surveillance des chemins de fer autrichiens ÖBB, a été nommée en tant qu'observatrice indépendante.

N'étant parvenue à séduire les actionnaires D'Osram Licht avec une première offre, AMS a présenté la semaine passée un nouvelle proposition au prix de 41 euros (44,57 francs) par action de la firme munichoise. Cette dernière offre, dont le montant total se chiffre à 4,6 milliards d'euros, expire le 5 décembre. La firme d'outre-Rhin considère la proposition "équitable" et "attrayante" pour ses actionnaires.

L'offre représente une prime de 42% par rapport au cours de l'action Osram à 28,92 euros en date du 2 juillet. La société cotée à la Bourse suisse détient déjà 20% des titres Osram et a abaissé le seuil minimum d'acceptation à 55%. AMS a aussi retravaillé les aspects stratégiques de l'opération, le groupe autrichien renonçant désormais à la cession de la division numérique d'Osram. Les deux sociétés procéderont à une analyse des activités et du potentiel en matière de synergies.

AMS et Osram sont en pourparlers depuis l'été en vue de la conclusion d'un accord de regroupement d'entreprises qui reste soumis à l'approbation des autorités compétentes. Le groupe autrichien a également réaffirmé sa volonté de respecter les engagements pris précédemment visant à préserver les emplois et les sites de production en Allemagne.

Lourde perte pour Osram

Le comité d'entreprise d'Osram avait toutefois fait part de son rejet de l'opération. L'instance du personnel a déposé auprès de la cour d'appel provinciale (OLG) de Francfort une plainte contre le gendarme allemand des marchés financiers (BaFin) pour avoir autorisé l'offre et demandé une ordonnance provisoire.

Osram Licht a achevé l'exercice 2018/19 dans le rouge, essuyant une perte nette de 405 millions d'euros, contre un bénéfice net de 127 millions douze mois auparavant. L'entreprise a notamment souffert de l'affaiblissement de la conjoncture, en particulier dans l'industrie automobile, ainsi que de la baisse de de la demande pour les sources de lumière traditionnelles.

Le groupe a par ailleurs dû procéder à un amortissement de 171 millions d'euros sur l'entreprise commune OC créée avec l'équipementier automobile et fabricant de pneumatiques allemand Continental. Osram a également dû composer avec l'évolution défavorable de ses affaires dans les semi-conducteurs optiques. Conséquence de la perte essuyée sur l'ensemble de l'exercice, le groupe renonce au versement d'un dividende.

Osram Licht note cependant être parvenue à dépasser l'objectif fixé en matière d'économies, tout en reconnaissant nécessaires de nouvelles "adaptations structurelles". Celles-ci se solderont par des suppressions d'emplois supplémentaires. Alors que les discussions à ce titre sont en cours avec les parties concernées, la firme bavaroise ne fournit pas plus de détails.

Evoquant l'exercice en cours, Osram prévoit une certaine stabilisation de ses affaires. Le chiffre d'affaires, sur une base comparable, devrait se situer à un niveau correspondant aux 3,5 milliards d'euros dégagés sur l'année fiscale achevée fin septembre. Le groupe évoque une fourchette allant d'un repli de 3% à une progression de 3%, après avoir subi une chute de 13% sur 2018/19. (awp)






 
 

AGEFI




...