Les entreprises suisses en Arabie saoudite confrontées aux contraintes indigènes

vendredi, 09.06.2017

Le gouvernement saoudien veut réduire le taux de chômage élevé chez les jeunes, actuellement d'environ 30% chez les 16-24 ans. Les entreprises suisses sont confrontées aux quotas de travailleurs indigènes.

Le gouvernement saoudien veut réduire le taux de chômage élevé chez les jeunes, actuellement d'environ 30% chez les 16-24 ans. Les entreprises suisses sont confrontées aux quotas de travailleurs indigènes.

Les entreprises suisses en Arabie saoudite sont confrontées aux quotas de travailleurs indigènes. Une façon efficace de remplir ces exigences consiste à promouvoir l'emploi féminin.

L'Arabie saoudite représente le deuxième plus grand partenaire commercial des entreprises suisses au Moyen-Orient. Les sociétés actives dans les produits de consommation, la pharma-chimie et les banques ont identifié depuis longtemps le potentiel de la classe moyenne saoudienne disposant d'un grand pouvoir d'achat.
La transformation en cours de l'économie saoudienne offre des opportunités, mais pose également de gros défis. Les entreprises présentes en Arabie saoudite doivent en effet respecter des exigences accrues en termes de main-d'oeuvre indigène.

Le gouvernement saoudien veut réduire le taux de chômage élevé chez les jeunes, actuellement d'environ 30% chez les 16-24 ans. La "saoudisation" de l'économie s'est accélérée l'an dernier avec le plan "Vision 2030". Le projet complique le recrutement dans un pays, où un employé sur trois provient de l'étranger.

Les entreprises suisses comptent actuellement quelque 12'000 employés en Arabie saoudite. Le groupe bâlois de spécialités chimiques Clariant y emploie par exemple 160 personnes dans la vente, l'administration ainsi que dans les services. Quarante d'entre eux sont saoudiens, soit un taux de 25%.

"Le but est de parvenir à un quota de 30% d'ici à la fin de l'année. C'est pourquoi nous embauchons toujours plus de Saoudiens", explique à l'ats la porte-parole de Clariant, Caroline Schmid.

Les exigences d'emploi indigène varient selon les branches. Le taux est le plus élevé dans la banque avec 50%. Les sociétés sont classées dans quatre catégories en fonction du pourcentage de Saoudiens qu'elles emploient.

Le niveau platine récompense les entreprises qui dépassent les objectifs. La couleur verte s'applique pour les sociétés qui remplissent les quotas, le jaune pour celles qui les manquent de peu et le rouge pour celles qui ne les atteignent pas.
Novartis emploie 500 personnes en Arabie saoudite. Le géant pharmaceutique bâlois a le statut vert et s'engage de façon "proactive" pour favoriser l'emploi local, a indiqué le porte-parole de Novartis Satoshi Sugimoto.

Le niveau vert offre des facilités en matière d'embauche et d'obtention de visas. L'entreprise peut ainsi faire des demandes de visas tous les deux mois.

Le niveau jaune ne permet d'obtenir un visa que lorsque deux employés étrangers ont quitté le pays. Les entreprises sanctionnées d'un statut rouge sont privées de visas et ne peuvent donc pas renouveler les permis de travail.

Chez Nestlé, le pourcentage de travailleurs indigènes sur les 3000 employés que compte le groupe alimentaire en Arabie saoudite est si élevé que les exigences sont plus que dépassées, souligne un porte-parole. Le statut platine permet par exemple des procédures accélérées pour obtenir un visa.

Les quotas constituent toujours une entrave dans le marché du travail, affirme Jan Atteslander. Le membre de la direction d'economiesuisse, responsable des relations économiques extérieures, s'est rendu le mois dernier en Arabie saoudite avec une délégation économique de la Confédération.

Jan Atteslander entrevoit notamment une approche féministe pour atteindre les taux d'emploi indigène. Les quotas peuvent contribuer à la promotion ciblée des femmes saoudiennes, car l'emploi féminin devrait augmenter dans le cadre des réformes, estime-t-il.

Les autorités saoudiennes se montrent ouvertes à la discussion en cas de problèmes pour atteindre les quotas fixés, relève le responsable d'economiesuisse.
La Swiss Business Association Saudi Arabia n'a pas eu connaissance d'entreprises qui ont renoncé à leurs projets d'expansion, en raison de la saoudisation de l'économie.

"Les entreprises sont désormais plutôt disposées à investir dans l'automatisation pour réduire les effectifs", note Bruno Syfrig, membre de la direction de l'association, établi à Riyad.

Conséquence des quotas, les emplois en bas de l'échelle salariale comme les employés de nettoyage, les chauffeurs ou les fonctions de soutien administratives sont remis en question.

Les mesures pour atteindre les quotas sont semblables à celles pour lutter contre la pénurie de main-d'oeuvre qualifiée en Suisse, soit la formation de nouveaux employés et la formation continue. Selon Bruno Syfrig, les entreprises doivent être prêtes au minimum à augmenter les frais de personnel à moyen terme.(awp)


 

 
 

 
 

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