Le Québec met fin au projet d'exploiter le pétrole d'Anticosti

samedi, 29.07.2017

Le gouvernement du Québec a décidé vendredi d'abandonner son objectif d'extraire du pétrole sur l'île d'Anticosti, dans le Golfe du fleuve Saint-Laurent, afin de protéger le joyau environnemental.

Grande comme la Corse, Anticosti est un joyaux écologique que se partagent 200 habitants et 200.000 cerfs de Virginie.

"Afin de permettre la soustraction du territoire de l'île d'Anticosti à toute exploration ou exploitation d'hydrocarbures", le Québec a décidé de "négocier avec les entreprises concernées l'abandon des droits de recherche", a indiqué le ministère provincial des Ressources naturelles du gouvernement du Québec. C'est l'abandon du projet d'extraire du pétrole sur l'île d'Anticosti, dans le Golfe du fleuve Saint-Laurent.

L'exploitation pétrolière était incompatible avec la candidature de l'île au patrimoine mondial de l'Unesco, à laquelle le gouvernement a prévu en début d'année d'apporter son soutien.

Décidée en 2014, l'exploration pétrolière à Anticosti avait soulevé l'indignation des milieux environnementaux face aux risques potentiels de pollution marine et de l'écosystème.

Grande comme la Corse, Anticosti est un joyaux écologique que se partagent 200 habitants et 200.000 cerfs de Virginie.

L'abandon des ambitions pétrolières "permettra de protéger et de conserver le caractère naturel exceptionnel de l'île d'Anticosti", a estimé le ministère des Ressources naturelles.

L'organisation écologique Equiterre a poussé "un soupir de soulagement" en estimant que "les risques dépassaient de beaucoup les bénéfices potentiels".

Autoriser des groupes pétroliers à "puiser des millions de litres d'eau, creuser des milliers de puits de pétrole (...) aurait été une très grave erreur", a estimé Steven Guilbeault, responsable d'Equiterre.

Selon les études préliminaires, le sous-sol renfermerait de 30 à 40 milliards de barils de pétrole de schiste, dont une infime partie (entre 1% et 5%) aurait été récupérable.

Vendredi, le gouvernement a indiqué avoir conclu des ententes avec les entreprises Junex, Corridor et le Français Maurel & Prom en contrepartie d'une compensation globale de 41,4 millions de dollars canadiens (28,3 millions d'euros).

"Les discussions se poursuivent avec les entreprises Pétrolia et Trans American", a souligné le ministère.

Pétrolia, une société canadienne qui possède près d'un quart de droits d'exploration sur l'ensemble du Québec, a régulièrement revendiqué, parfois devant les tribunaux, le respect des contrats signés avec le gouvernement.

Vendredi, les dirigeants de Pétrolia se sont dits "profondément déçus de la tournure des événements" et restent "toujours convaincus, encore plus qu'en 2014, du potentiel et de la pertinence du projet Anticosti pour le Québec et pour la société".

Pour "mettre fin aux ententes (...), il faut l'accord unanime des partenaires", a rappelé Pétrolia en assurant négocier avec le gouvernement. Selon les médias locaux, Pétrolia chercherait 200 millions de dollars d'indemnisation.

Maurel & Prom a indiqué que sa compensation est de 16,2 millions CAD (11 M EUR), une enveloppe qui "sera allouée à la recherche de nouveaux actifs en production afin de développer le portefeuille d'actifs du groupe, notamment en Amérique latine et en Afrique". (awp)


 

 
 

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