GAM dévisse en Bourse après la suspension d'un de ses cadres

mardi, 31.07.2018

Le gestionnaire d'actifs GAM a essuyé un véritable coup de tabac sur SIX, pire encore que celui qu'il avait connu il y a tout juste deux semaines après son avertissement sur résultats. En cause: la suspension de son CIO visé par une enquête interne.

Le gestionnaire d'actifs zurichois a annoncé la suspension de Tim Haywood, directeur des investissements (CIO).(keystone)

Dans la foulée de la publication de résultats semestriels conformes, voire légèrement supérieurs aux (nouvelles) attentes, le groupe zurichois a annoncé la suspension de son directeur des investissements (CIO) en charge de la stratégie Absolute-Return-Bond (ARBF), visé par une enquête interne. Une annonce qui a lancé un véritable coup de tabac sur SIX, pire encore que celui qu'il avait connu il y a tout juste deux semaines après son avertissement sur résultats. En une séance, la valeur de son action avait perdu plus de 15%.

A la mi-journée, la nominative GAM s'effondrait de 19,3% à 9,27 francs, après avoir frôlé la barre des 9,00 francs, alors que le marché dans son ensemble (SPI) évoluait juste en dessous de l'équilibre (-0,06%). Quelque de 4 millions de titres avaient changé de main, soit près de six fois le volume journalier moyen.

Au premier semestre 2018, le bénéfice net IFRS a été amputé de près de deux tiers (-62%) en rythme annuel, à 25,4 millions de francs. Dans son communiqué, le groupe zurichois explique cette contre-performance essentiellement par le correctif lié à la reprise de Cantab en octobre 2016, comme annoncé le 13 juillet.

Le produit d'exploitation est ressorti à 287 millions de francs, en hausse de 11%, et les charges à 195,7 millions (+7%). Le résultat opérationnel avant impôts a bondi de 21% à 91,3 millions et le bénéfice net sous-jacent de 22% à 71,7 millions.

Au 30 juin, la masse sous gestion se montait à 163,8 milliards de francs, soit 0,1% de plus qu'au 31 mars (+3% par rapport au bouclement 2017). Les afflux nets au cours des six premiers mois ont été de 9,3 milliards, 45% de mieux qu'un an plus tôt.

La copie rendue par GAM s'inscrit dans le haut de la moyenne des prévisions des analystes consultés par AWP en ce qui concerne les recettes, le bénéfice opérationnel la masse sous gestion, alors que les afflux ont nettement dépassé les projections les plus optimistes. L'augmentation des charges est restée en deçà des expectatives.

Directeur suspendu, clients préservés

Dans un communiqué distinct, le gestionnaire d'actifs zurichois a annoncé la suspension de Tim Haywood, directeur des investissements (CIO) en charge de la stratégie Absolute-Return-Bond (ARBF), qui fait l'objet d'une enquête interne.

Celle-ci concerne les procédures de gestion du risque ainsi que des obligations en matière de documentation, mais "ne soulève aucun doute quant à l'honnêteté" de l'intéressé. GAM assure en outre que les autorités de surveillance compétentes sont tenues au courant de l'affaire.
En conférence de presse, le directeur général (CEO) de GAM, Alexander Friedman, a assuré qu'aucun dommage n'avait été constaté pour les clients, et qu'aucun autre collaborateur n'était concerné par l'enquête en cours.

Après avoir mené sa propre enquête avec l'aide de conseillers externes, GAM entend désormais suivre l'affaire avec "les processus internes habituels" et prendre "toute autre mesure nécessaire, le cas échéant".

La gestion du portefeuille ARBF, dont la valeur se monte à 11,0 milliards de francs, a été confiée à deux autres CIO, Jack Flaherty et Alex McKnight, co-directeurs de la stratégie en question.

Le patron de GAM a déclaré vouloir maintenir la solidité de son équipe et entend recruter de nouveaux gestionnaires de portefeuilles pour répondre à la forte hausse de la demande de la clientèle.

Reflux de capitaux en vue

Pour la suite de l'exercice, la direction va s'efforcer de "mettre en oeuvre avec discipline" sa stratégie, visant une croissance annuelle d'au moins 10% du bénéfice par action (BPA) dilué, ainsi qu'un rendement des revenus de 35-40% sur un cycle de 5-8 ans.Toutefois, GAM prévient qu'un ralentissement des afflux de capitaux est possible, comme conséquence d'une certaine aversion au risque de la part de la clientèle en raison de la volatilité et des incertitudes du marché, ainsi que de l'annonce de la suspension du CIO.La suspension de Tim Haywood ne fait pas partie de la catégorie "bonnes nouvelles", estime la Banque cantonale de Zurich (ZKB). Affecté par la perte de confiance dans la direction - déjà passablement entamée par le correctif de valeur de 60 millions de francs lié à Cantab - le titre, même s'il peut sembler bon marché à son niveau actuel, n'en a pas fini de descendre.(ats)

 

 






 
 

AGEFI




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