Facebook: le gendarme allemand pourrait interdire l'exploitation du bouton "j'aime"

jeudi, 07.02.2019

Le gendarme allemand de la concurrence présente jeudi les conclusions de son enquête visant Facebook, accusé d'abus de position dominante sur la collecte des données et qui pourrait être contraint de suspendre certaines activités.

Le gendarme de la concurrence pourrait interdire à Facebook l'exploitation du bouton "j'aime", qui permet de collecter des informations sur les utilisateurs.(Keystone)

Le Bundeskartellamt avait lancé ses investigations mi-2016, reprochant au géant américain de collecter auprès de réseaux tiers -- Instagram, Whatsapp, Twitter, et d'autres sites -- des masses d'informations sur ses usagers à leur insu, afin d'en tirer des surplus de recettes publicitaires.

Le patron de l'autorité de la concurrence, Andreas Mundt, doit présenter les conclusions et annoncer d'éventuelles sanctions lors d'une conférence de presse prévue à partir de 10h à Bonn.

Le réseau social ne risque pas d'amende financière, mais Facebook, dans la tourmente après une série de scandales liés aux données personnelles en 2018, pourrait se voir imposer en Allemagne des aménagements de ses règles d'utilisation et risque l'interdiction de certaines fonctionnalités.

"J'aime" sur la sellette

Selon la presse allemande, le gendarme de la concurrence pourrait notamment interdire à Facebook l'exploitation du bouton "j'aime", qui permet à l'Américain de collecter des informations sur les utilisateurs lors de leur navigation ailleurs que sur le site Facebook, qui compte près de 30 millions d'utilisateurs en Allemagne

Selon des conclusions préliminaires publiées en décembre 2017, le Bundeskartellamt considère que le réseau social "commet un abus, en faisant dépendre l'utilisation du réseau social du droit (...) de collecter des données de toute sorte provenant de sources tierces et de les exploiter avec le compte Facebook".

Ces "sources" externes sont les services appartenant à Facebook comme les messageries Whatsapp ou Instagram, mais aussi des sites et applications mobiles sur lesquels l'Américain peut aller pêcher des informations.

"Cela a lieu même si on n'appuie pas sur le bouton "j'aime". Il suffit qu'on se trouve sur une page Internet où un tel bouton est inséré. Les utilisateurs ignorent cela", avait dénoncé M. Mundt.

Selon l'autorité allemande, les utilisateurs devant accepter l'ensemble des conditions d'utilisation du réseau social, ils perdent le contrôle sur l'usage de leurs données personnelles et cela constitue une infraction aux règles européennes.

Contactée par l'AFP, Facebook avait expliqué en décembre que ce rapport préliminaire du Bundeskartellamt "dresse une image inexacte" de l'entreprise, laquelle ne montre aucun signe de position dominante "en Allemagne ou ailleurs."

Année de polémiques

Facebook sort d'une année 2018 marquée par un flot quasi-ininterrompu de polémiques, accusé d'avoir servi de plateforme à la manipulation politique ou d'avoir mal protégé les données personnelles des utilisateurs.

Alors qu'il fêtait lundi ses 15 ans, le réseau social tente notamment de faire oublier le fiasco Cambridge Analytica, le récent scandale sur l'exploitation de données d'utilisateurs de Facebook à leur insu pour des fins politiques notamment pendant la campagne présidentielle de Donald Trump.

Ce scandale, ainsi que la mise en place du Règlement européen de protection des données (RGPD) personnelles en mai dernier, vaut à Facebook d'être particulièrement dans le viseur des régulateurs.

Soucieux de rassurer annonceurs, usagers et investisseurs, Mark Zuckerberg a défendu une nouvelle fois mi-janvier, dans plusieurs journaux internationaux, son modèle économique fondé sur la publicité et donc la nécessaire collecte de données personnelles.

"Nous ne vendons pas les données des gens", a-t-il répété.(ats)






 
 

AGEFI



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