Deutsche Bank envisage de tailler dans sa banque d'investissement

jeudi, 23.05.2019

Le géant bancaire allemand en difficulté Deutsche Bank a besoin d'une "direction plus claire", a déclaré son patron Christian Sewing devant les actionnaires réunis en assemblée générale, qui n'a pas exclu de nouvelles "coupes franches" dans la banque d'investissement.

"Tout ce que l'on a fait jusqu'à maintenant n'était que le début", s'est justifié M. Sewing auprès des actionnaires mécontents des piètres performances opérationnelles de Deutsche Bank.(Keystone)

Deutsche Bank va tailler dans sa banque d'investissement. "Depuis la fin des pourparlers (de fusion) avec Commerzbank, on me demande toujours quel est notre plan B ou C"; "ma réponse est: tout ce que l'on a fait jusqu'à maintenant n'était que le début", s'est justifié M. Sewing auprès des actionnaires mécontents du parcours calamiteux de l'action et des piètres performances opérationnelles de la banque.

La stratégie de la banque, révisée l'an dernier avec un recentrage sur ses racines européennes et l'accent mis sur la recherche de recettes stables, est appelée à s'intensifier.
Pour cela, "nous sommes prêts à des coupes franches", a déclaré M. Sewing, précisant viser la banque d'investissement, qui était jadis le navire amiral de la banque avant de décliner suite à d'innombrables affaires judiciaires.

M. Sewing n'a pas dévoilé les mesures qu'il entendait prendre mais promis d'"accélérer la transformation" de l'établissement, en renforçant notamment la discipline sur les coûts.

Le banquier reste convaincu que la première banque allemande peut dégager "à moyen terme" un ratio de rentabilité nette sur les fonds propres de 10%, contre 0,5% l'an dernier, correspondant à un maigre bénéfice net de 267 millions d'euros, qui faisait suite à trois années de lourdes pertes.

L'établissement francfortois demeure bien moins performant que ses concurrents américains et européens, comme Santander ou BNP Paribas.

Lors de l'assemblée du jour, le président du conseil de surveillance Paul Achleitner apparaît partciulièrement fragilisé, lui qui, lors de sa nomination en 2012, était perçu comme l'homme capable de redresser la banque.

Le suspense va néanmoins durer jusqu'en fin de journée, lorsque sera dévoilé le résultat des votes de confiance aux dirigeants de la banque, alors que des représentants d'actionnaires, dont certains influents, comme ISS et Glass Lewis, ont appelé à voter contre.(awp)






 
 

AGEFI



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