XXXLutz veut grandir en Suisse et envisage des acquisitions

lundi, 17.09.2018

Le géant autrichien du meuble XXXLutz veut s'étendre en Suisse en ouvrant une dizaine de filiales.

XXXLutz a ouvert une première filiale à Rothrist en Argovie au mois d'avril. (keystone)

XXXLutz souhaite poursuivre sa croissance en Suisse en ouvrant suffisamment de filiales pour couvrir l'ensemble du territoire. "Notre ambition est que 90% de la population puisse se rendre dans un de nos magasins en maximum une heure de trajet. Cela correspond à environ une dizaine de filiales", a déclaré Meinrad Fleischmann, qui accompagne le géant autrichien du meuble dans son expansion en Suisse.

Après l'ouverture d'une première filiale à Rothrist en Argovie au mois d'avril, l'appétit de XXXLutz pour la Suisse n'en est que plus fort. La chaîne autrichienne, numéro deux de l'ameublement en Europe après Ikea, voulait s'étendre en Suisse depuis longtemps, mais elle a attendu de trouver l'emplacement idéal.

"Trouver un emplacement est plus facile qu'il y a une dizaine d'années, mais cela reste un défi", fait remarquer M. Fleischmann. Il cite notamment des possibilités d'adaptation de centres commerciaux, des friches industrielles ou logistiques notamment dans le bassin lémanique.

Le responsable tire un bilan très positif des premiers mois d'ouverture. "La fréquentation a été supérieure à nos attentes, tant sur le weekend inaugural que par la suite, où elle s'est stabilisée à un haut niveau", se félicite-t-il, donnant le chiffre de 300'000 visiteurs sur les 150 premiers jours. "C'est une bonne base pour poursuivre notre expansion en Suisse", ajoute-t-il.

"Nous avons également profité d'une légère reprise du marché du mobilier sur le premier semestre, la première depuis des années". L'affaiblissement du franc et la médiatisation de l'arrivée de XXXLutz ont selon lui "encouragé les achats", tout comme certaines baisses de prix consenties par les vendeurs de meubles.

La valeur totale de ce marché a atteint 3,81 milliards de francs en 2017, en repli de 1% sur un an, selon les estimations de l'Association suisse industrie et négoce du meuble. Récemment, d'importants acteurs ont cherché à se repositionner pour faire face à un environnement très concurrentiel, à l'instar de Coop et sa nouvelle enseigne Livique, venant remplacer TopTip ou de Migros avec la réorganisation de ses activités entre Micasa et Interio.

Une question de taille

L'ancien directeur de Pfister considère que les acquisitions sont un moyen d'atteindre plus rapidement leurs objectifs de croissance. "Nous envisageons de racheter des magasins de meubles de notre taille pour soutenir notre expansion en Suisse", assure-t-il.

La taille est effectivement un élément décisif pour la chaîne d'ameublement autrichienne, qui nécessite au moins 10'000 mètres carrés pour présenter son large assortiment de produits, incluant équipements cuisine et salle de bain ainsi qu'articles pour bébés. Or, la tendance sur le marché du mobilier est plutôt inverse, les magasins tendent plutôt à réduire leur surface de vente, soumis à la pression du commerce en ligne.

"Nos produits couvrent un large segment de prix, nous débutons là où s'arrête Ikea et allons jusqu'au milieu de gamme de Pfister", explique le responsable. L'assortiment proposé dans la seule filiale suisse est identique à celui de l'Autriche à 90%, avec une pondération un peu plus forte sur les segments de prix supérieurs et ce, afin de répondre aux exigences plus élevées des clients suisses.

"Les 10% restants sont constitués de meubles fabriqués en Suisse, un segment que nous souhaitons renforcer à l'avenir pour atteindre au moins 20%", explique-t-il.

Au total, 70% des produits sont de marque propre. "Cela permet de diminuer la pression sur les prix dans un contexte où la transparence est de plus en plus forte. Notre marge de manoeuvre sur les autres marques est très limitée car les prix peuvent être comparés en direct sur internet".

L'entreprise souhaite unifier les prix suisses avec les ceux en Europe. "En clair, nous multiplions le prix en euros par 1,2 pour avoir le prix en francs. Les coûts plus élevés en Suisse sont compensés par une taxe sur la valeur ajoutée moins forte" explique 

le responsable. "En prenant en compte les frais de douane, le coût et le temps du trajet, cela ne vaut pas la peine d'aller acheter ses meubles dans une filiale de XXXLutz en Allemagne ou en Autriche".

Le marchand de meuble veut dans un premier temps se concentrer sur son magasin, avant de déployer sa stratégie e-commerce. "Nous lancerons la vente en ligne dès l'année prochaine, le temps de mettre en place notre infrastructure logistique. Nous espérons avoir le même succès qu'en Allemagne et en Autriche". Sur le marché du meuble, environ 7% des ventes sont réalisées en ligne et celles-ci enregistrent une forte croissance.

XXXLutz est le numéro deux dans l'ameublement en Europe après Ikea. L'entreprise familiale autrichienne réalise des ventes annuelles de 6 milliards de francs mais ne fournit pas plus de détails chiffrés sur ses marchés. En Suisse, elle emploie 140 collaborateurs et de nouvelles embauches sont prévues. (ats)






 
 

AGEFI



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