Amazon entre au capital du service de livraisons de repas britanniques Deliveroo

vendredi, 17.05.2019

Le géant américain Amazon est entré au capital de la plateforme de livraison de plats préparés Deliveroo à l'occasion d'une levée de fonds de 575 millions de dollars, signe de l'engouement autour de ce secteur en plein boom.

Créée en 2013, Deliveroo a connu une expansion à un rythme accéléré ces dernières années, ce qui lui a valu de figurer dans le cercle fermé des licornes britanniques.

Amazon a participé à cette augmentation de capital de Deliveroo aux côtés de plusieurs fonds d'investissement déjà actionnaires, selon un communiqué publié vendredi, qui ne révèle pas la part exacte acquise par l'américain.

Créée en 2013, Deliveroo a connu une expansion à un rythme accéléré ces dernières années, ce qui lui a valu de figurer dans le cercle fermé des licornes britanniques, à savoir les start-up dépassant le milliard de dollars de valorisation.

Au total, y compris la levée de fonds de 575 millions de dollars annoncée vendredi, Deliveroo dit avoir levé à ce jour 1,53 milliard de dollars auprès d'investisseurs.

La plateforme entend utiliser cet argent frais pour embaucher du personnel qualifié pour son siège londonien, toucher davantage de clients et lancer de nouveaux produits.

Elle veut mettre l'accent en outre sur son réseau de cuisines mutualisées baptisé "Editions", permettant à des restaurateurs de proposer leurs plats dans des zones à l'écart des centre-villes.

"Ce nouvel investissement va aider Deliveroo à grandir et à offrir aux clients davantage de choix, calibré selon leurs goûts, proposer aux restaurants d'étendre leur activité et créer des emplois plus flexibles et mieux payés pour les livreurs", souligne Will Shu, fondateur et directeur général de Deliveroo.

Il reconnaît en outre qu'Amazon "a été une inspiration" pour lui et se dit "impatient" de travailler avec ce géant du commerce.

De son côté, le géant américain a expliqué être "impressionné par l'approche de Deliveroo et sa volonté de fournir aux clients une sélection toujours plus grande de restaurants", selon Doug Gurr, responsable d'Amazon pour le Royaume-Uni.

Contrats précaires

Amazon avait d'ailleurs tenté l'expérience du marché de la livraison de repas au Royaume-Uni en ouvrant son propre service en 2016 avant de le fermer deux ans plus tard.

Deliveroo "n'est pas simplement une entreprise de livraisons de repas, c'est surtout une entreprise technologique. Leur plateforme est considérée comme très attractive", avec un fort potentiel de croissance "ce qui séduit Amazon", souligne Louise Dudley, gérante d'actifs pour Hermes Investment Manager, citée par la BBC.

Deliveroo déclare travailler avec 80.000 restaurants et disposer d'un réseau de 60.000 livreurs. La société emploie au total 2.500 personnes dans 500 villes et 14 pays, dont la France, son deuxième marché après le Royaume-Uni.

La plateforme avait dévoilé en octobre dernier des résultats financiers mitigés avec pour 2017 un creusement de ses pertes mais un bond de son activité.

Comme souvent pour ce genre de sociétés en développement, les massifs investissements nécessaires à sa croissance plombent la rentabilité.

Le développement de Deliveroo fait de la société une cible potentielle sur ce marché de la livraison de repas très concurrentiel et en plein essor. La presse avait révélé l'an dernier des discussions de la part de l'américain Uber mènerait pour acheter Deliveroo et le rapprocher de son propre service Uber Eats.

Dans le même temps, Deliveroo est régulièrement critiquée par ses coursiers à vélo, qui dénoncent la précarisation de leur contrat lié notamment à leur statut d'auto-entrepreneurs, les empêchant d'avoir droit à un salaire minimum ou à des congés payés.(awp)






 
 

AGEFI



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