La Norvège veut limiter les salaires des patrons

vendredi, 07.04.2017

Le fonds de pension public norvégien réclame une vaste refonte du mode de rémunération des patrons, plaidant pour qu'une part "significative" soit versée en actions.

Le plus gros fonds souverain au monde réclame une vaste refonte du mode de rémunération des patrons, plaidant pour qu'une part "significative" soit versée en actions.

Le plus gros fonds souverain au monde, le fonds de pension public norvégien, réclame une vaste refonte du mode de rémunération des patrons, plaidant pour des plafonds et pour qu'une part "significative" soit versée en actions.

Dans un "document de position" publié vendredi, le fonds de 7.872 milliards de couronnes (858 milliards d'euros) estime que tout "conseil d'administration devrait (...) dévoiler un plafond pour la rémunération totale" du directeur général "pour l'année à venir".
"Une part significative de la rémunération totale annuelle devrait être fournie en actions bloquées pour au moins cinq ans, et de préférence dix ans, indépendamment d'une démission ou d'un départ en retraite" sans conditions de performances, prône-t-il aussi, jugeant que cela contribuerait à aligner les intérêts du patron sur ceux des actionnaires.
Alors que ces questions de rémunération des patrons font de plus en plus débat, la position du fonds est d'autant plus importante qu'il détient des participations dans quelque 9.000 entreprises à travers le monde, représentant 1,3% de la capitalisation globale, et que les autres investisseurs l'écoutent attentivement.

Dans un entretien paru le même jour dans le Financial Times, le directeur du fonds, Yngve Slyngstad, se prononce contre les régimes d'intéressement à long terme, qu'il juge défaillants.

"Nous envoyons un signal disant que nous voulons des changements dans la façon dont la rémunération est bâtie. Dans la durée, nous nous attendons à ce que les régimes d'intéressement à long terme disparaissent progressivement, en particulier en ce qui concerne le recrutement de nouveaux dirigeants d'entreprise", dit-il au FT.

Le fonds a longtemps été peu regardant en la matière mais il joue désormais un rôle de plus en plus actif. L'an dernier, il a par exemple voté contre la politique de rémunération des dirigeants d'Alphabet, Goldman Sachs, JPMorgan ou encore Sanofi, selon le FT.(awp)


 

 
 



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