USA: nouveau scandale sur le prix des médicaments

jeudi, 22.09.2016

Le dossier du prix des médicaments aux Etats-Unis a connu mercredi un nouveau rebondissement avec la flambée des prix de crèmes contre l'acné.

Le groupe Novum Pharma, qui vend des produits dermatologiques, a augmenté de 128% à 9561 dollars le prix du tube de 60g d'Aloquin et d'Alcortin. Le prix de Novacort, un autre produit commercialisé par Novum Pharma, est passé la semaine dernière de 4186 dollars à 7142 dollars (+170%).

Le dossier du prix des médicaments aux Etats-Unis a connu mercredi un nouveau rebondissement avec la flambée des prix de crèmes contre l'acné au moment où le Congrès entendait la patronne de Mylan, qui a, lui, explosé le prix d'un antihistaminique.

Le groupe Novum Pharma, qui vend des produits dermatologiques, a augmenté de 128% à 9561 dollars le prix du tube de 60g d'Aloquin et d'Alcortin. Le prix de Novacort, un autre produit commercialisé par Novum Pharma, est passé la semaine dernière de 4186 dollars à 7142 dollars (+170%).

Le groupe, qui est basé à Chicago (centre), a acheté en mai 2015 ces produits, qui nécessitent une prescription médicale, à Primus Pharmaceuticals.

Depuis le changement de mains, le prix d'Aloquin a flambé de 3.860%. Un générique d'Aloquin est pour sa part vendu à moins de 30 dollars, selon le Financial Times, qui a révélé l'affaire.

Novum Pharma, fondé en 2015 et spécialisé dans l'achat de licences et droits sur des médicaments matures, attribue l'explosion de ses prix aux tiers-payants et au système de santé américain qui rendent "coûteux" l'accès des malades aux soins.

Ces prix "incluent des milliers de dollars en charges supplémentaires que les différents tiers-payants rajoutent et répercutent par la suite aux malades", se défend l'entreprise dans un courriel à l'AFP. "Le processus de fixation des prix dans la pharmacie aux Etats-Unis aujourd'hui ne fonctionne plus correctement et n'est plus viable", argumente encore Novum Pharma.

Pas d'excuses


Le prix du médicament est fixé aux Etats-Unis sur la base d'une politique de l'offre et de la demande, contrairement à la France. Après le feu vert de commercialisation par l'agence sanitaire FDA, s'ouvre une négociation entre les laboratoires pharmaceutiques et les assureurs locaux et autres mutuelles.

Hormis les médicaments innovants, ces deux derniers ont la liberté ou non de finaliser la négociation sur les différents produits.

Novum Pharma indique avoir mis en place un système de "bons d'achat" permettant au patient de ne rien payer en pharmacie. Le coût est supporté par les assureurs-santé. Il peut toutefois arriver qu'il soit demandé au malade de payer 35 dollars de sa poche.

Cette nouvelle affaire tombe le jour même où un autre groupe pharmaceutique, Mylan, s'est retrouvé au banc des accusés pour avoir drastiquement augmenté le prix de l'EpiPen, un populaire traitement d'urgence contre les chocs allergiques graves.

Heather Bresch, la PDG, a fait face mercredi pendant plus de deux heures à la colère des élus américains durant une audition au Congrès. Contrairement à la tradition qui veut souvent que les patrons convoqués présentent leurs excuses publiques, Mme Bresch, dont le père est un sénateur démocrate, n'a pas cédé face aux critiques.

"Avec le recul, j'aurais aimé qu'on anticipe l'ampleur et l'accélération de l'aggravation des difficultés financières pour un grand nombre de malades issus des minorités qui ont fini par payer de leur poche le montant total" du médicament, a-t-elle seulement concédé, refusant de dire si Mylan allait baisser le prix du traitement.

Le prix de l'EpiPen, prescrit aux enfants ayant par exemple de sévères allergies alimentaires, est passé de 100 dollars à plus de 600 dollars en quelques années aux Etats-Unis.

Le débat sur le prix des médicaments fait rage depuis plusieurs mois aux Etats-Unis où plusieurs auditions ont déjà été organisées au Congrès sur ce thème.

Il est aussi devenu un enjeu dans la campagne pour la présidentielle de novembre, la candidate démocrate Hillary Clinton ayant présenté début septembre un plan pour limiter les hausses de prix dans ce secteur.

Les laboratoires Turing avaient notamment augmenté il y a un an de quelque 5000% le prix d'un médicament, le Daraprim, utilisé contre le paludisme et des co-infections du sida.

Selon le site spécialisé Truveris, les tarifs des médicaments sur prescription ont augmenté en moyenne de 10,9% aux États-Unis, en 2014, en raison du rachat de traitements par des groupes principalement intéressés par les retombées financières. - (awp)


 

 
 



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