"Les start-up suisses doivent apprendre à se vendre"

mardi, 04.09.2018

Le directeur de l'incubateur ESA Suisse, Cyril Kubr, souhaite que les start-up helvétiques acquièrent une meilleure façon de se vendre et se positionner. Un moyen: penser global et acquérir une expérience internationale. Entretien en marge du Festival DLD à Tel Aviv.

Elsa Floret (Tel Aviv)

Cyril Kubr, directeur de l'incubateur ESA Suisse.

Le Festival DLD à Tel Aviv est un hub des dernières tendances technologiques et permet la rencontre avec des responsables de multinationales en charge de l'innovation. Environ 8000 personnes participent à cette huitième édition, soit plus de 200 délégations étrangères enregistrées.

Le centre d'incubation d'entreprises ESA Suisse (ESA BIC Switzerland) est une initiative nationale ouverte en 2016 et gérée par l'ETH Zurich, en collaboration avec la FIJ / Venturekick, l'Impact Hub Zurich et l'AP Swiss.

Son jury de sélection de start-up est composé de représentants de l’ESA, du bureau spatial suisse, de l’ETH Zurich, de la FIJ / VentureKick et de représentants de l'industrie et occasionnellement des investisseurs.
 
ESA BIC Suisse a la capacité à soutenir jusqu'à 10 nouvelles entreprises chaque année, avec comme objectif de transférer la technologie spatiale dans des secteurs spatiaux et de mieux utiliser l'espace existant dans l’infrastructure de données.
 
Les BIC de l'ESA aident à créer des entreprises viables et de nouveaux emplois en fournissant un soutien à plus de 150 entreprises chaque année en Europe. Plus de 500 entreprises en démarrage ont reçu un soutien à ce jour.

>>Lire aussi: Des entrepreneurs suisses s'inspirent en Israël

Dix-neuf centres d'incubation d'entreprises en Europe soutiennent des entrepreneurs sélectionnés avec une assistance commerciale et technique complète pour les aider à démarrer des entreprises, qui appliquent la technologie spatiale dans des domaines industriels, scientifiques et commerciaux autres que ceux de l'espace.
 
Avant la création de l'ESA BIC Suisse au nom de l'ETH Zurich en 2016, Cyril Kubr a travaillé dix ans dans la gestion d'actifs en Suisse, Hong Kong et le Royaume-Uni. Il a une connaissance approfondie des affaires stratégies de développement, de collecte de fonds et d’investissement. En plus Cyril Kubr a cofondé trois sociétés en Suisse.
 
Cyril Kubr, directeur de l'incubateur ESA BIC Suisse, répond aux questions de L’Agefi, lors du voyage à Tel Aviv. 
 
Combien de start-up suisses, l’incubateur ESA BIC Suisse a-t-il emmené aux différentes éditions du Festival DLD?

Cette année, quatre start-up, comme l’édition 2017.
 
Quel bilan établissez-vous de cette participation aux éditions précédentes du Festival de l’innovation à Tel Aviv?

Difficile de répondre à cette question, car l'édition de cette année n'est pas encore terminée. De manière générale, je souhaite que nos start-up acquièrent une expérience internationale.

Elles doivent penser global dès le premier jour de leur existence. Je pense également qu'Israël et ses start-up savent comment se vendre et se positionner, ce qui est rarement le cas pour les start-up suisses.
 
Quels sont les exemples concrets de partenariat ou de recherche de clientèle pour les start-up emmenées en Israël par ESA BIC Suisse?


L'année dernière, nos start-up ont pu établir des contacts avec des investisseurs internationaux et des clients potentiels locaux pour leurs produits.
 
Quid des retombées économiques en Suisse?

En moyenne, les participants de l’année dernière ont doublé leur nombre d’employés et ont jusqu’à présent réussi à développer leurs activités.
 
Quels sont les atouts et les points d’amélioration de l’écosystème suisse de start-up?

La Suisse peut être fière de sa capacité d’invention. En témoigne les rankings mondiaux, qui la placent en pole position, pour l’invention et non pour l’innovation. Néanmoins, de par sa culture, il s’agit d’un pays très introverti et surtout peu enclin au risque. Je souhaiterais y voir une plus grande densité d'entrepreneurs dynamiques et orientés vers la vente, mais aussi des investisseurs, qui prennent des risques. Dans ce domaine, Israël a un avantage certain. Heureusement, je vois que cela change déjà en Suisse, lentement mais sûrement.

Qu’avez-vous appris de la start-up nation qu’est Israël?

C'est mon premier jour en Israël. Ce que j’ai appris jusqu’ici, c’est que les gens ici sont très ouverts aux nouvelles idées et à l’innovation. Ils sont vraiment curieux et désireux d'apprendre. En Suisse, les gens voient beaucoup plus les problèmes que les opportunités.
 
Qu’attendez-vous de cette édition 2018?

L'inspiration pour la Suisse de n’être pas seulement inventive, mais aussi vraiment innovante. Enfin et surtout, de précieux contacts et des apprentissages pour toutes nos start-up.

Six start-up viennent d’ESA BIC et AP-Swiss parmi les 8 start-up suisses présentes au Festival DLD 2018

La délégation suisse accompagnant en Israël cette semaine la Fondation genevoise Nomads comprend des membres des autorités publiques, des start-up, et une vingtaine de CEO et administrateurs. Tous les secteurs économiques sont représentés.

Classeek, dont la fondatrice est Catarina Amon, est une plateforme en ligne, qui aide les musiciens à mieux connaître les meilleurs concerts de musique classique. Les organisateurs peuvent ainsi profiter de la réservation directe pour leurs événements mondiaux.
 
ESA BIC - Komp-Act, dont Salvatore De Benedictis est CEO et cofondateur, fait partie de l’industrie des machines électriques durables et écologiques en fournissant des actionneurs électriques légers, compacts et de taille abordable pour machines automatisées et véhicules électriques.  

La start-up lutte contre le changement climatique en fournissant une électricité durable et compétitive.
 
ESA BIC - Sevensense Robotics, dont Gianluca Cesari est cofondateur, est une entreprise de technologie développant des systèmes de navigation autonomes pour robots mobiles.
 
WindShape, dont Albéric Gros est cofondateur et Community manager, est une start-up suisse, qui développe la prochaine génération de simulateur de vent et de temps pour les machines volantes. Ce simulateur façonne et contrôle les écoulements laminaires et turbulents complexes.

Ses principaux clients sont les développeurs de robots volants et les organismes de réglementation. La technologie leur permet de développer et d'évaluer physiquement la mécanique de vol d'un robot, ses systèmes de contrôle, aérodynamique et résistance aux intempéries. Parmi les autres applications, les voiles, les éoliennes ou autre système dépendant du temps.
 
ESA BIC - Involi, dont Manu Lubrano est cofondateur, CEO et R & D, est une société proposant des solutions de détection de vol et d'évitement de collision pour les pilotes et opérateurs de drones et autres parties intéressées pour un ciel sécurisé.
 
ESA BIC - Touchless Automation, dont Maurizio Migliore est fondateur et COO, est une entreprise de transport sans contact de très petits objets (10 μm à 20 mm).
 
AP Swiss - WeGaw, dont Ion Padilla est CEO et cofondateur, est basé sur l’agrégation de données satellitaires, de stations météorologiques et d’autres sources, WeGaw aide toute destination touristique extérieure à mieux gérer et promouvoir leur région, améliorer la sécurité et l’affluence touristique.
 
AP Swiss - Arcatrust (Patrick Trinkler – Fondateur) est une société de cyber-sécurité fournissant un environnement sécurisé (matériel et logiciel) pour exécuter les applications utilisateur.






 
 

AGEFI



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