Booking.com: le chef de la COMCO juge la politique impatiente

jeudi, 05.10.2017

Le directeur de la COMCO juge impatiente la volonté du Parlement d'interdire les contrats qui imposent des clauses de parité tarifaire entre les hôtels et les sites de réservations en ligne. Les marchés pourraient trouver une solution avant que l'Etat intervienne.

En octobre 2015, la COMCO a interdit aux sites de réservation en ligne, comme booking.com, d'imposer un tarif unique aux hôteliers.(Keystone)

Le Parlement veut interdire les contrats qui imposent des clauses de parité tarifaire entre les hôtels et les sites de réservations en ligne comme booking.com. Une décision précipitée, selon le directeur de la commission de concurrence. Il n'est pas sûr que brider ces plateformes se justifie du point de vue de la concurrence.

Les hôtels pourront à l'avenir proposer des prix plus attractifs sur leur propre site internet que via les plateformes de réservations en ligne. La COMCO a renforcé la protection de l'hôtellerie déjà avant la décision du Parlement, déclare son directeur Rafael Corazza jeudi dans la Neue Zürcher Zeitung. Elle a examiné les clauses contractuelles de ces plateformes.

Certaines d'entre elles ne permettaient pas aux hôteliers de fixer des prix plus bas ou d'offrir un nombre de chambres plus élevé sur d'autres canaux de communication. Résultat: en octobre 2015, la COMCO a interdit aux sites de réservation en ligne d'imposer un tarif unique aux hôteliers.

Ainsi, les hébergements touristiques peuvent proposer des tarifs plus bas via d'autres plateformes de réservation, par téléphone et directement aux clients de passage. M. Corazza ne comprend ainsi pas l'impatience des politiciens à vouloir serrer la vis. Les gardiens de la concurrence ont déjà étudié les contrats des plateformes de réservation, avant qu'ils apparaissent sur le radar politique.

De manière générale, Rafael Corazza estime que ces sites sont une avancée considérable pour les consommateurs et un avantage concurrentiel. Comment les petits hôtels pourraient-ils attirer les clients de Chine par exemple, se demande le directeur de la COMCO.

Au même titre, l'introduction d'Uber sur le marché ne doit pas être vue que de manière négative. Elle apporte aussi des avantages. Les prix auraient tendance à diminuer et plus de personnes pourraient emprunter un taxi.

Selon lui, les marchés pourraient trouver une solution avant que l'Etat intervienne. Tout nouveau phénomène n'appelle pas une réglementation.(awp)


 

 
 

 
 

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