Vincent Subilia: «Le différentiel de traitement appliqué à Easyjet est difficilement justifiable»

mercredi, 06.05.2020

Le directeur de la CCIG, Vincent Subilia, et la porte-parole de la FER Genève, Véronique Kämpfen, livrent à chaud leurs réactions sur les décisions parlementaires des derniers jours.

Stéphanie Giroud

La porte-parole de la FER Genève, Véronique Kämpfen, et le directeur de la CCIG, Vincent Subilia.

Vincent Subilia, directeur général de la Chambre de commerce, d'industrie et des services de Genève (CCIG), se réjouit des mesures prises par les autorités fédérales et cantonales "avec proactivité" concernant notamment le crédit d’engagement de 40 milliards et les crédits supplémentaires de 17 milliards. Véronique Kämpfen, porte-parole de la Fédération des entreprises romandes (FER) Genève, estime quant à elle que "l'avenir nous dira si ces crédits sont suffisants, cela dépendra si la reprise sera dynamique".

"Le Conseil fédéral a agi avec diligence en s'adaptant en permanence à la situation et en écoutant les interlocuteurs économiques, notamment en facilitant l'accès aux mesures RHT et en délivrant des crédits aux entreprises dans la journée", salue Véronique Kämpfen.

Pour la porte-parole de FER Genève, le seul bémol concerne les allocations pertes de gains octroyées aux indépendants si leur revenu ne dépasse pas 90.000 francs. "L'effet de seuil met certaines entreprises dans une situation extrêmement difficile. Un entrepreneur nous a contacté parce qu'il avait 95.000 francs de chiffre d'affaires, donc il ne pouvait malheureusement juste pas bénéficier de l'aide."

Le directeur de la CCIG salue de son côté tout particulièrement les mesures prises pour les start-up, "nos PME de demain", et le secteur aérien. "Dans le domaine aérien, le soutien prévu est une nécessité pour préserver l’ouverture au monde de la Suisse. Par contre, le différentiel de traitement appliqué à Easyjet, premier opérateur de l’aéroport de Genève, est difficilement justifiable, cette compagnie britannique disposant d’une filiale en Suisse, et donc une légitimité économique comparable à Swiss et son actionnariat allemand."

Pour Vincent Subilia, la logique entrepreneuriale doit prédominer dans la suite des décisions du parlement. "Si on veut minimiser la casse sociale qui va être conséquente, il faut éviter d’être dans une posture trop étatiste, notamment cédant à la tentation d’augmenter les impôts, pour éviter d’assommer davantage l’outil de production."

La CCIG compte 2500 entreprises membres. "Il y a des vrais cas de détresse; nombre de nos entrepreneurs sont en mode survie. Si certains secteurs semblent relativement bien tirer leur épingle du jeu (à l’instar du domaine bancaire ou de la santé), les acteurs de l’accueil (e.g. hôteliers, organisateurs d’événements ou agents de voyages) sont laminés. Il va falloir prendre des décisions courageuses, au-delà des quelques millions octroyés à Suisse Tourisme. La crise va également laisser des séquelles profondes dans le commerce de détail, qu’il importe de soutenir avec agilité; certains magasins ne rouvriront malheureusement pas leurs portes le 11 mai."






 
 

AGEFI



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