L’économie japonaise reste sur une note optimiste

mercredi, 10.04.2019

Le dernier rapport Tankan de la Banque du Japon révèle une évolution positive de la croissance économique.

Jesper Koll*

Les PME japonaises ont la foi. Elles se préparent à investir dans une économie nipponne favorisée par de nouvelles mesures fiscales et par la proximité de la croissance chinoise. Le dernier rapport Tankan de la Banque du Japon (Boj) sur la situation économique nationale révèle une évolution positive de la croissance.
Bien que l’industrie ait été globalement entraînée dans une récession mondiale, le secteur non manufacturier des PME continue à croître. Il semble dès lors que la demande domestique se dissocie positivement du cycle global. Ainsi, bien que l’indice de diffusion (DI) des grandes industries présente une baisse de quelque 7 points, il a augmenté de 1 point pour les PME.
S’il s’agit là d’une bonne nouvelle, elle exige de maintenir une certaine vigilance. En effet, il faut s’attendre à ce que la dynamique positive du secteur des services domestiques soit remise en cause par la hausse de la taxe à la consommation, prévue pour le 1er octobre 2019.
Toutefois, pour contrer toute perte de pouvoir d’achat potentielle, le gouvernement a adopté un plan d’allègement fiscal à hauteur de 2 000 milliards de yens. Il s’agit là aussi de contrer toute incidence négative de la hausse des taxes sur la demande dans le secteur des biens non exportables.

La Chine: rouage essentiel

Par ailleurs, des signes d’une reprise industrielle dans les prochains trimestres sont à espérer, avec la Chine comme moteur principal d’une croissance globale. Notamment par la combinaison des mesures de relance chinoises et une conclusion positive aux négociations commerciales sino-américaines.
Ces deux évènements devraient entraîner une inflexion positive du cycle industriel mondial, et par là même celui du Japon.

Qu’en est-il pour le Japon?

Les conclusions du rapport officiel Tankan sur les niveaux ­d’investissement des entreprises laissent paraître un certain optimisme. Ainsi, pour l’exercice fiscal 2019, les entreprises budgétisent une hausse de 1,2% de leurs investissements.
En dépit d’un chiffre inférieur au niveau exceptionnellement haut (2,3%) budgétisé à la même période l’année dernière, il faut tenir compte du fait qu’il suit une hausse effective de 10,4% des investissements en 2018. De fait, on a bien dépassé le pic du cycle d’investissement, mais la dynamique d’expansion globale se poursuit.

Et la BoJ dans tout ça?

L’économie japonaise de 2019 et de 2020 sera dominée par la fiscalité et la réglementation, avec une banque centrale mise sur la touche. Toutefois, deux facteurs externes pourraient changer cette donne. Le premier serait une baisse plus précoce que prévue des taux de la Fed et, le deuxième, une dévaluation du Yuan.
Quoiqu’il en soit, les craintes d’une sortie de la Boj du cadre de conduite actuel sont quasi nulles et montrent une propension à davantage de souplesse. Enfin, aucune action ne devrait prendre place avant les JO de Tokyo en 2020.

* Responsable pour le Japon, WisdomTree






 
 

AGEFI



...