Von Roll: de la difficulté du turnaround

vendredi, 23.09.2016

Le départ d’Achim Klotz démontre les difficultés auxquelles est confronté ce groupe industriel. Destin analogue à celui de Charles Vögele au plan boursier.

Philippe Rey

La direction générale du groupe Von Roll est à nouveau décapitée avec l’annonce du départ de deux de ses membres.

La direction générale du groupe Von Roll (qui émane aujourd’hui essentiellement d’Isola, Von Roll Infratec ayant été repris en 2003 par un groupe d’investisseurs) est à nouveau décapitée avec l’annonce du départ de deux de ses membres, dont celui du directeur général (CEO), Achim Klotz.Ce dernier a mis en route un redressement (ce que les anglo-saxons appellent un turnaround).

Toutefois, ce plan, qui implique certes des frais de restructuration et des sorties de cash dans un premier temps, ne se traduit pas encore dans les chiffres, puisque ce groupe en mains de la famille Von Finck a annoncé une perte d’exploitation (EBIT)  de 5,4 millions lors du premier semestre 2016 ; il consomme de l’argent depuis plusieurs années. A tel point que son endettement net dépasse sa valeur boursière (127 millions de francs).

Le ratio de fonds propres (equity ratio) ne s’élevait plus qu‘à 14% à fin juin (22% un an auparavant). Von Roll est au plan boursier une histoire analogue à celle de Charles Vögele, c’est-à-dire triste. Et sans doute caractérisée par l’incapacité des dirigeants qui s’y sont succédé.

De toute évidence, la famille Von Finck n’est pas le meilleur propriétaire pour Von Roll malgré le soutien apporté. Si les perspectives étaient bonnes, Achim Klotz ne serait pas parti. D’ailleurs, c’est un ancien de The Boston Consulting Group qui reprend la direction générale de Von Roll.

Le cours de l’action qui caracolait près des 50 francs en 1998 vaut moins d’un franc aujourd’hui. Une véritable descente aux enfers ! L’électro-isolation, le principal métier de Von Roll, constitue un commodity business. Il suffit de voir la marge brute (moins de 20%) pour s’en rendre compte.

Ce qui rend très difficile un redressement durable. A moins de percer dans un des segments de croissance : l’électro-mobilité, l’énergie éolienne ou les systèmes ferroviaires.       


 

 
 



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