Le commerce de détail suisse reprend espoir

lundi, 27.04.2020

Le Credit Suisse actualise ses prévisions de chiffre d’affaires pour le commerce de détail suisse. Le chiffre d’affaires du secteur alimentaire stationnaire devrait approcher celui de l’année précédente.

MH

Le commerce alimentaire de détail semble bénéficier de la crise du coronavirus.(Keystone)

Le commerce de détail suisse reprend espoir: l’assouplissement du confinement à partir de ce lundi permet notamment aux fleuristes et aux magasins de bricolage de rouvrir leurs portes aux consommateurs. 

Les statistiques de l’OFS concernant la structure des entreprises indiquent que près de 33 000 magasins de détail ont dû fermer temporairement en Suisse. Quelque 173 000 salariés, soit plus de la moitié des personnes employées dans le commerce de détail (56%), ont ainsi été affectés directement par le confinement.

Malgré une large utilisation de la réduction de l’horaire de travail, le nombre de demandeurs d’emploi enregistré dans le commerce de détail à la fin mars dépassait de presque 15% celui enregistré en février. En chiffre absolu, cela correspond à 1162 personnes de plus au chômage (source: Amstat).

Les économistes du Credit Suisse s’attendent à ce que ce nombre augmente encore. Les licenciements devraient principalement avoir lieu dans les entreprises qui devront rester fermées encore plus longtemps ou qui dépendent fortement du tourisme international.

Le commerce alimentaire de détail bénéficiaire du coronavirus

Au vu des rayons vides dans les magasins, le commerce alimentaire de détail semble bénéficier de la crise du coronavirus. Toutefois, l’augmentation du chiffre d’affaires résultant des ventes supplémentaires devrait être limitée, car les prix des denrées alimentaires de base et des produits d’hygiène sont relativement bas.

Dans le secteur alimentaire stationnaire, ces ventes supplémentaires, associées à l’absence actuelle de concurrence de la part des cafés, restaurants et bars, devraient néanmoins contrebalancer les pertes dans le segment des plats préparés et dans les lieux actuellement moins fréquentés ainsi que la redirection vers les canaux de vente en ligne.

Les économistes du Credit Suisse estiment que ces effets devraient s’équilibrer et que les chiffres d’affaires dans le secteur de l’alimentaire stationnaire devraient se stabiliser au même niveau que l’an dernier. L’évolution sera donc moins dynamique que les économistes ne l’avaient prévu au début de l’année (+0,8%).

Pertes du secteur stationnaire non alimentaire

En 2020, le chiffre d’affaires dans le commerce de détail stationnaire non alimentaire devrait s’établir bien en deçà de celui de l’année précédente, même si les mesures d’assouplissement sont mises en œuvre comme prévu.

Sur la base des données de l’année précédente et dans l’hypothèse optimiste que tous les commerces de détail non alimentaires puissent ouvrir à nouveau à partir du 11 mai, les économistes du Credit Suisse estiment que les pertes dans le secteur stationnaire non alimentaire devraient s’élever à près de 15% au moins du chiffre d’affaires stationnaire annuel.

Les économistes étant d’avis que la part du commerce en ligne restera plus importante dans les segments non alimentaires même après le confinement, ces valeurs sont à considérer comme des pertes minimales. Les effets secondaires tels que l’assombrissement du climat de consommation, l’évolution moins dynamique des salaires nominaux et la baisse de l’immigration laissent entrevoir une évolution encore plus négative des chiffres d’affaires de
-20 % (prévision début 2020: -0,2 %).

Coup de pouce au commerce en ligne

Le commerce en ligne est fortement dynamisé en raison du risque de contagion accru dans les magasins et des possibilités de loisirs limitées. Par conséquent, la part du commerce en ligne dans le chiffre d’affaires global augmentera fortement (env. 9% en 2019 selon le GfK).

D’après les estimations des économistes du Credit Suisse, les chiffres d’affaires du commerce en ligne devraient progresser cette année de près de 30%, soit une hausse d’environ 3 milliards de francs par rapport à l’année précédente. Ceci à condition que les ventes en ligne pour les mois de mars, d’avril et de mai se situent au niveau d’avant Noël.

Une extrapolation montre que la part du secteur en ligne devrait s’élever à près de 15% à la fin de l’année 2020. Si l'on considère également que la part en ligne va très probablement non seulement augmenter pendant le verrouillage, mais aussi montrer un niveau plus élevé à l'avenir, la part devrait même être supérieure aux 15 %.

Augmentation des besoins en appareils électroniques

Les fournisseurs d’électronique domestique en ligne ont récemment connu une forte hausse des commandes, comparable à celle de la période précédant Noël. Les règles relatives au télétravail devraient contribuer à augmenter les besoins personnels en fournitures de bureau et accessoires informatiques.

Étant donné que le segment de l’électronique domestique représente de toute façon la part la plus élevée (plus d’un tiers), les économistes estiment que cette prospérité en ligne devrait compenser en grande partie les pertes de chiffres d’affaires stationnaires.

La forte demande dans les segments du bricolage, du jardinage et des accessoires automobiles a incité le Conseil fédéral à avancer la réouverture des magasins stationnaires de ces secteurs. Les conditions météorologiques actuellement favorables en Suisse sont un facteur supplémentaire qui devrait soutenir les ventes dans ce domaine et aider ce segment à enregistrer un chiffre d’affaires supérieur à celui de l’année précédente.

La crise du coronavirus ne freinera pas non plus la tendance positive connue par le secteur de la santé et des soins personnels. Les pharmacies bénéficient en particulier d’une augmentation de la demande en produits de désinfection, masques de protection et compléments visant à renforcer le système immunitaire.

 

 






 
 

AGEFI



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