Le Créa prévoit une chute de 8,2% du PIB helvétique en 2020

vendredi, 22.05.2020

Le Créa de l'Université de Lausanne prévoit une chute du produit intérieur brut (PIB) helvétique de 8,2% en 2020, suivie d'une reprise de 3,2% en 2021.

MH / AWP

Les exportations suisses subiront une chute semblable à celle observée lors de la crise financière de 2009.(Keystone)

A l'image des principaux centres d'analyse conjoncturelle suisses, le Créa de l'Université de Lausanne prévoit une chute du produit intérieur brut (PIB) helvétique en 2020. L'Institut d'économie appliquée devise la dégringolade à 8,2%, quand le BAK bâlois et le KOF zurichois anticipent une contraction de respectivement 5,3% et 5,5%. Le Seco pour sa part table sur 6,7%.

Si le premier trimestre de 2020 devrait enregistrer seulement les impacts initiaux de la pandémie, ce sont surtout les deuxième et troisième trimestres qui devraient subir de plein fouet les effets économiques de la pandémie, juge le Créa de l'Université de Lausanne.

La situation devrait se stabiliser par la suite, mais la reprise ne devrait se réaliser que difficilement et c'est peut-être à ce niveau que se situera la différence avec la crise financière de 2009. Cette dernière était caractérisée essentiellement par une insuffisance de la demande, alors que la crise actuelle sera marquée par une insuffisance à la fois de la demande et de l'offre.

Vers une croissance en 2021

Le pays devrait néanmoins renouer avec la croissance dès l'an prochain, de 3,2%, selon le rapport publié vendredi.  "Ce taux de croissance semble élevé, mais il renferme un effet de base (après un taux fortement négatif en 2020) et, surtout, il sera largement insuffisant pour rejoindre le niveau de production d'avant la crise, l'écart de production atteignant 9,5% en 2020 et encore 8,3% en 2021. Même si l'on suppose que dès 2022 l'économie croîtra à un rythme équivalent à celui de 2021, soit 3,2% par année, il faudra 5-6 années pour refaire le terrain perdu, toutes choses égales par ailleurs."

Chute des exportations suisses 

Au vu de l'effondrement du commerce mondial, les exportations suisses subiront une chute semblable à celle observée lors de la crise financière de 2009.

En revanche la baisse des importations sera plus profonde que celle des années 2009 à cause du fort recul de la demande intérieure et donc de la production.

Réticence à l'embauche

Le marché du travail subira inévitablement l'effondrement des activités économiques. La population active devrait diminuer en 2020 et ne se rétablira que peu en 2021, avec une reprise somme toute faible, qui n'incitera pas à une hausse de l'emploi et laissera les entreprises probablement très réticentes à embaucher plus massivement.

Malgré une faible hausse des salaires nominaux, la plus faible depuis le début des années 1980, les salaires réels devraient augmenter, grâce à la baisse du niveau général des prix.

Les taux d'intérêt à court et à long termes resteront négatifs.

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AGEFI



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