Le coût des désastres climatiques a augmenté de 250% en 20 ans

mercredi, 10.10.2018

Selon un rapport de l'ONU, les coûts des catastrophes naturelles ont atteint près de 2300 milliards de dollars en 20 ans.

Les 563 séismes et les tsunamis qui ont suivi ont causé plus de 56% du total des décès. (keystone)

Les pertes économiques liées aux désastres climatiques ont augmenté d'environ 250% ces 20 dernières années par rapport aux deux décennies précédentes. Elles ont atteint près de 2300 milliards de dollars, selon un rapport de l'ONU publié mercredi à Genève.

Ce montant constitue 77% du total du coût des désastres sur cette période jusqu'en 2017, établi à 2908 milliards de dollars (environ 2885 milliards de francs), précise l'Office des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNISDR). Sur les 20 ans précédents, le total n'atteignait que 1313 milliards, dont 895 milliards ou 68% étaient liés au climat, selon le rapport publié avant la Journée internationale pour la prévention des catastrophes ce 13 octobre.

Les désastres climatiques sont aussi les plus nombreux, à un peu plus de 90% des principales catastrophes. Parmi eux, les inondations à 43,4% et les tempêtes avec une fréquence de 28,2% sont les deux plus fréquentes.

Par pays, les pertes les plus importantes ont été subies par les Etats-Unis pour une valeur totale de près de 950 milliards. Ils devancent la Chine à près de 500 milliards et le Japon à plus de 370 milliards.

Au cours de cette période, 1,3 million de personnes ont été tuées et plus de trois millions ont été blessées, déplacées ou ont eu besoin d'une assistance. Les 563 séismes et les tsunamis qui ont suivi ont causé plus de 56% du total des décès.

Pays riches affectés par les pertes

Le Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe cherche notamment à diminuer les pertes économiques. Selon le rapport, l'impact de désastres est disproportionné dans les pays à revenus bas ou intermédiaires, même si les pays riches sont confrontés à 53% des pertes économiques.

Les décès et les souffrances provoqués par le séisme et le tsunami récents en Indonésie montrent le besoin d'alerter la population et d'adapter les habitations, estime la représentante spéciale du secrétaire général de l'ONU pour la réduction des risques de catastrophe, Mami Mizutori. Les pertes économiques liées à des situations climatiques extrêmes "ne sont pas soutenables" et empêchent "l'éradication de la pauvreté".

"Ceux qui souffrent le plus du changement climatique sont ceux qui contribuent le moins aux émissions de gaz à effet de serre", dit la responsable du Centre de recherche sur l'épidémiologie des désastres (CRED) Débarati Guha-Sapir. Les pertes économiques des pays aux revenus bas ou intermédiaire ont des conséquences importantes pour l'amélioration de leur situation, selon elle.

Les personnes dans les pays pauvres sont six fois plus menacées de perdre leurs biens ou de souffrir de dommages que les personnes dans les pays riches. Comme le changement climatique augmente la fréquence et la gravité des situations météorologiques extrêmes, l'investissement dans la réduction des risques de catastrophe constitue "une condition préalable au développement durable", affirme le rapport. (ats)






 
 

AGEFI



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