Le coronavirus devrait inciter les investisseurs à la prudence jusque vers fin mars

lundi, 10.02.2020

Cédric Spahr*

Cédric Spahr

L’épidémie de coronavirus devrait atteindre son maximum vers la mi-février. La réaction initiale des marchés actions chinois reflète déjà en bonne partie les incertitudes sur le front sanitaire. Les mesures de quarantaines affectant nombre de grandes villes et les restrictions imposées aux déplacements intérieurs ralentiront l’activité dans le secteur des services. Le secteur manufacturier qui connaît une période de relâche durant le Nouvel An chinois devrait être moins affecté.

Nous pensons que l’incertitude entourant les indicateurs économiques chinois dura jusque vers fin mars et qu’une occasion d’achat sur les marchés actions asiatiques devrait se présenter à partir de la deuxième moitié de mars.

L’épidémie de coronavirus en Chine a déclenché un recul marqué des principaux indices boursiers asiatiques comme le CSI 300 (-13%) et le Hang Seng pour Hong Kong (-10%). Ce recul reflète déjà une bonne partie des mauvaises nouvelles relatives au virus et se rapprochent des pertes enregistrées en 2003 par les actions chinoises lors de l’épidémie de SRAS. Les deux à trois prochaines semaines montreront si le taux de croissance du nombre de personnes infectés par le virus fléchit et diminue, ce qui signifierait que les autorités sanitaires sont parvenues à endiguer la diffusion du virus. A l’heure actuelle, nous considérons le risque d’une diffusion incontrôlée du virus gagnant de l’ampleur en Chine et s’étendant à d’autres pays asiatiques comme un risque marginal. 

Au-delà du virus et de ses victimes se pose bien sûr la question de l’impact de la maladie et des mesures de quarantaines sur l’économie chinoise. Les limitations imposées aux déplacements intérieurs durant le Nouvel An chinois pénaliseront le secteur des services, principalement le transport, l’hébergement, les loisirs et la restauration. Le secteur manufacturier nous semble moins à risque, dans la mesure où nombre de fabriques utilisent cette période de relâche pour réorganiser et ré-outiller leurs lignes de production. Si un retour à la normalité se dessine d’ici mars, le coronavirus n’aura sans doute que peu d’influence sur le secteur manufacturier. L’épisode du SRAS en 2003 suggère qu’une bonne partie de l’activité économique annulée au premier trimestre sera rattrapée au second. Le gouvernement chinois semble de plus enclin à augmenter le stimulus monétaire et fiscal pour gommer le ralentissement d’activité causé par le virus. 

Nous pensons qu’il est encore trop tôt pour reprendre position sur les marchés d’actions chinois et asiatiques, alors que les économistes révisent leurs prévisions de croissance du PIB chinois à la baisse. La forte baisse entamée par les taux des emprunts d’état à 10 ans donne des ailes aux valeurs de croissance, défensives si possible, comme le secteur de la technologie de l’information, en particulier aux USA. Un retour sur les valeurs cycliques (automobile, banques, industrie, matériaux) ne semble pas recommandable avant la mi-mars. Le Nouvel An chinois obéit à un calendrier lunaire et alterne entre janvier et février d’une année à l’autre, ce qui rend l’interprétation des indicateurs économiques chinois difficile en général jusque vers la fin mars. Etant donnée les risques résiduels, nous pensons que les marchés asiatiques offriront une occasion d’achat à partir de la fin mars.

* Stratège actions, J. Safra Sarasin






 
 

AGEFI




...