Duel Toyota contre Tesla: le géant japonais gonfle ses objectifs

vendredi, 06.11.2020

Le constructeur japonais a rehaussé ses prévisions annuelles et met Tesla au défi sur le segment des véhicules électriques.

Le groupe Toyota prévoit dorénavant d'écouler 9,42 millions de véhicules - en incluant aussi ses marques Lexus, Hino et Daihatsu - sur l'ensemble de l'exercice 2020, soit 320.000 unités de plus que sa dernière estimation. Il est notamment plus confiant pour ses ventes en volume sur le marché nord-américain, ainsi qu'au Japon et ailleurs en Asie. (Keystone)

Toyota a considérablement rehaussé vendredi ses prévisions 2020/21, après une très forte accélération de ses résultats au deuxième trimestre par rapport au premier, et s'est estimé mieux armé que Tesla pour remporter à terme la bataille des véhicules électrifiés.

Le géant automobile japonais vise désormais un bénéfice net annuel de 1.420 milliards de yens (11,6 milliards d'euros): un objectif quasi doublé par rapport à sa précédente prévision en août, après avoir dégagé un bénéfice net de 470,5 milliards de yens au deuxième trimestre (-11,3% sur un an) courant de juillet à septembre. Si cet objectif était atteint, cela marquerait néanmoins toujours un très fort repli (-30%) par rapport à 2019/20.

Le groupe a plus que doublé sa prévision annuelle de bénéfice opérationnel, passée de 500 à 1.300 milliards de yens. Avec un bénéfice d'exploitation de 506 milliards de yens (-23,2% sur un an), Toyota a dépassé pour le seul deuxième trimestre sa prévision annuelle initiale. Il s'attend désormais à une marge opérationnelle de 5% en 2020/21, contre une prévision précédente de 2,1% et une marge de 8% en 2019/20. Toyota anticipe désormais des ventes à hauteur de 26.000 milliards de yens (212,6 milliards d'euros), soit 2.000 milliards de yens de plus que sa précédente prévision. Cela limiterait à 13% environ le repli de son chiffre d'affaires annuel.

"Recette" contre "menu complet"

Avant Toyota, d'autres géants mondiaux de l'automobile comme l'allemand Volkswagen et l'américain General Motors ont fait part de résultats en nette amélioration lors du trimestre écoulé, qui leur ont permis de revenir dans le vert. Pour sa part, Toyota n'était même pas tombé dans le rouge sur la période avril-juin, au pire moment des confinements dans le monde, qui avaient mis la production et la demande automobiles à genoux. Mais Toyota voit de plus en plus le champion américain des voitures électriques haut de gamme Tesla comme son principal rival.

Très résistant lui aussi à la pandémie, Tesla est depuis cet été l'entreprise automobile mondiale la plus chère en Bourse, ayant allègrement détrôné Toyota. L'américain pèse désormais 415 milliards de dollars, contre 221,3 milliards de dollars pour le groupe japonais.

Tesla "clame que sa recette sera la référence mondiale à l'avenir (...). Je pense que serons les premiers à être choisis (dans le futur, NDLR) parce que nous avons un menu complet en matière d'électrification", a lancé vendredi le PDG de Toyota, Akio Toyoda.

Tesla compte livrer environ 500.000 véhicules électriques cette année, quand Toyota a déjà écoulé de janvier à fin septembre 1,35 million de ses véhicules électrifiés (100% électriques sur batteries, hybrides, hybrides rechargeables et véhicules à pile à combustible) dans le monde, soit 20,2% de ses ventes totales en volume sur la période. 

Confiance pour l'Amérique du Nord

En volume, le groupe japonais prévoit dorénavant d'écouler 9,42 millions de véhicules (en incluant aussi ses marques Lexus, Hino et Daihatsu) sur l'ensemble de l'exercice, soit 320.000 unités de plus que sa dernière estimation. Il est notamment plus confiant pour ses ventes en volume sur le marché nord-américain, ainsi qu'au Japon et ailleurs en Asie.

Ses ventes au deuxième trimestre ont totalisé 6.774,4 milliards de yens (55,4 milliards d'euros), un repli de 11,3% sur un an mais un bond de 47% par rapport à son premier trimestre.Toyota a basé ses nouvelles prévisions annuelles sur un taux de change d'un dollar pour 106 yens, contre 105 yens lors de ses précédentes estimations.

Le dollar est descendu depuis jeudi sous la barre des 104 yens. Hormis brièvement en mars, au début de la crise sanitaire mondiale, le billet vert n'était pas tombé aussi bas face à la monnaie nippone depuis 2016. Un yen fort pèse sur les groupes exportateurs japonais car cela limite leurs recettes et profits réalisés à l'étranger quand ceux-ci sont rapatriés.

Ce facteur a freiné la progression du titre Toyota vendredi à la Bourse de Tokyo, où il a clôturé en hausse de seulement 0,5% à 7.019 yens, tandis que l'indice Nikkei a pris 0,91%. Autre signe de son optimisme malgré les difficultés, Toyota a annoncé vendredi un dividende intérimaire de 105 yens par action, 5 yens de plus que son dividende de mi-parcours en 2019/20. (AWP/AFP)

 

 

 

 






 
 

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