Le secteur international de Ruag sera privatisé

lundi, 18.03.2019

Le Conseil fédéral a communiqué lundi la stratégie pour l'avenir de l'entreprise Ruag.

Dès janvier 2020, Ruag Holding deviendra une société de participation scindée en deux groupes dirigés séparément. (Keystone)

Le secteur international ou non lié à l'armée de l'entreprise d'armement Ruag ne sera à terme plus en mains fédérales. Un groupe aérospatial sera créé et privatisé. Le reste sera vendu. La Confédération ne possédera plus que le domaine travaillant pour le DPPS.

Le Conseil fédéral a communiqué lundi la stratégie pour l'avenir de l'entreprise. Selon lui, cette procédure choisie prend en compte les intérêts de l'armée et de Ruag, et permettra de conserver et développer une activité et des emplois en Suisse. La Confédération quant à elle réduira ses risques financiers.

Le domaine militaire et suisse n'est plus dominant chez Ruag. En dix ans, son chiffre d'affaires a doublé d'un à deux milliards de francs. Depuis 2012, plus de moitié de celui-ci concerne le secteur civil. Depuis 2017, plus de 50% des employés sont situés à l'étranger.

Dès janvier 2020, Ruag Holding deviendra une société de participation scindée en deux groupes dirigés séparément. MRO CH (environ 2500 collaborateurs, sites de production en Suisse) travaillera pour l'armée. Ruag International (environ 6500 collaborateurs, dont deux tiers à l'étranger) sera composé des autres secteurs d'activité.

Lié à l'armée

MRO CH fournira en premier lieu au Département fédéral de la défense (DDPS) des tâches d'entretien, de réparation et de révision ainsi que de prestations de maintenance des systèmes importants pour l'engagement comme les avions de combat.

Cette unité reprendra aussi l'immobilier de Ruag, qui restera en mains fédérales à l'exception du site de Zurich Seebach. Il faudra encore définir quels sites seront maintenus ou non.

Mecanex (Etats-Unis) et Glückauf (Allemagne) rejoindront MRO CH, mais avec un système informatique séparé. Le système informatique de MRO CH sera intégré dans le périmètre de sécurité du DDPS, afin de renforcer encore la sécurité informatique notamment suite à la cyberattaque de 2016.

Dans une certaine mesure, MRO CH pourra aussi exécuter des mandats pour des tiers. Mais seulement depuis la Suisse et uniquement en présence de synergies avec les activités de l'armée, par exemple dans le cadre de la maintenance d'hélicoptères. La création d'une coentreprise est envisagée pour le domaine "Simulation and Training".

Ventes

Les autres secteurs seront placés provisoirement sous la houlette de Ruag International. Une bonne partie sera vendue, pour une valeur globale estimée à 500 millions de francs. Ce sera le cas des domaines Cyber ou MRO International. Ruag Ammotec, qui s'occupe des munitions de petit calibre, sera aussi vendue mais une condition sera posée: le site de Thoune devra rester en exploitation.

Ruag Ammotec emploie quelque 2000 personnes dont 300 en Suisse. Le Conseil fédéral estime que sa vente n'aura pas d'impact sur la sécurité d'approvisionnement de l'armée. Aujourd'hui déjà, les sites de production en Suisse dépendent de composants (poudre, éléments d'allumage) venant de l'étranger.

Aérospatial

Une partie de l'argent issu des ventes sera réinvesti dans un nouveau groupe aérospatial, qui devrait être privatisée à terme. Faute de base légale, la Confédération ne peut pas détenir durablement de participation dans un groupe technologique de ce type. De plus, le Conseil fédéral n'y voit aucun intérêt public et les risques économiques pour la Confédération sont trop grands.

Le groupe Aerospace devrait se profiler dans un domaine en principe civil. L'idée de se concentrer uniquement sur le spatial (trop concentré aux Etats-Unis) ou l'aéronautique (trop dépendant d'Airbus) a été écartée pour le moment.

Il s'agit de développer une entreprise attractive à caractère helvétique suisse. Le savoir-faire technique restera en Suisse. Ruag soumettra cette année un plan de mise en oeuvre.

La valeur de l'entreprise est estimée entre 500 et 700 millions de francs. La privatisation, qui pourrait intervenir dans les années qui suivent 2021, devrait se faire via une entrée en bourse. Rien n'a encore été décidé définitivement. Si cette stratégie ne marche pas, une vente complète de tous les domaines de Ruag international pourrait être envisagée. (ats)






 
 

AGEFI



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