La Bourse suisse est armée face à tous les risques

lundi, 20.08.2018

Le coeur de la Bourse suisse, tel Fort Knox, est armé et paré à toutes les éventualités pour assurer un négoce sécurisé et continu, alors que le volume de données transitant par la place financière zurichoise ne cesse de progresser.

L'entrée dans le bâtiment hautement sécurisé, qui abrite notamment SIX Swiss Exchange, est digne d'un film de James Bond.(keystone)

Située dans le nouveau quartier de Zurich West, l'entrée dans le bâtiment hautement sécurisé qui abrite notamment SIX Swiss Exchange, société en charge de l'exploitation de l'infrastructure boursière helvétique, est digne d'un film de James Bond.

A l'extérieur, des caméras infrarouges surveillent nuit et jour les pourtours. Après s'être au préalable annoncé, le visiteur se voit soumis à un contrôle d'identité, avant de pouvoir accéder aux locaux par des sas sécurisés.

"Nous devons assurer la sécurité de la sécurité de la sécurité", affirme Roger Semprini, patron de la filiale suisse de l'américain Equinix, chargée de l'exploitation des serveurs de la Bourse suisse.

Digicode et lecteur d'empreintes 

Le cerveau de la chose, le "Matching Engine", se trouve dans une pièce séparée, sécurisée par des grilles. L'accès se fait par digicode et lecteur d'empreintes. "Nous ne laissons entrer personne sans l'autorisation du propriétaire des serveurs", même en cas d'incendie, assure M. Semprini.

Ces trésors de précaution sont nécessaire pour assurer un fonctionnement en temps réel et sans accrocs de l'échange de données, alors que les volumes traités sont immenses. Sur les sept premiers mois de l'année, SIX a bouclé 36,1 millions de transactions pour un chiffre d'affaires d'environ 834 milliards de francs.

Selon le porte-parole de SIX, Stephan Meier, le système ne sature quasiment jamais. "Nous l'avons élaboré de telle manière, qu'il soit en mesure de supporter un niveau nettement supérieur à son pic d'exploitation", assure-t-il.

 

Au millimètre près

Pour preuve, même le 15 janvier 2015, jour de l'abandon du taux plancher par la Banque nationale suisse, les serveurs n'ont pas surchauffé. En cette journée, qui est entrée dans les annales du monde de la finance, l'opérateur a enregistré 949'988 transactions pour un volume de 27,7 milliards de francs, un record.

Pour garantir une équité à tous les acteur du marché, les serveurs sont reliés aux banques - qui effectuent le négoce boursier - avec des câbles d'une même longueur de 200 mètres. "Les câbles du serveur central vers les courtiers ont la même longueur, au millimètre près", car chaque longueur supplémentaire ralentit le processus de transaction, indique le responsable d'Equinix.

Qu'une société américaine contrôle l'informatique de la Bourse suisse ne doit pas soulever de suspicion, malgré les révélations sur le contrôle qu'exercent les services secrets des Etats-Unis, NSA en tête, sur internet, estime M. Semprini. Et ce dernier l'affirme: "Nous sommes seulement en charge de l'infrastructure et n'avons pas accès aux données."

Les locaux ont également été choisis avec parcimonie. Les serveurs ne sont pas situés au sous-sol mais dans les étages supérieurs, pour être protégés en cas d'inondation. A l'instar d'un bunker de l'armée suisse, le centre de données dispose de ses propres générateurs et de réservoirs de carburant pour tenir plus d'une semaine en cas de coupure d'électricité.

Ces machines doivent, en cas d'urgence, assurer une production d'électricité très importante, en raison du refroidissement permanent des serveurs, correspondant à peu près à la consommation d'une petite ville suisse.(ats)






 
 

AGEFI



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