Japon: les risques de la hausse de la TVA

dimanche, 06.10.2019

Le choc devrait être cette fois moins important qu’en 2014. La hausse est de seulement 2 points (de 8 à 10%).

Christophe Dumont*

Christophe Dumont.

A quelques jours d’une nouvelle hausse du taux de TVA, la question est sur toutes les lèvres: la croissance au quatrième trimestre 2019 va-t-elle connaitre une contraction comparable à celle observée au deuxième trimestre 2014? A l’époque, le gouvernement avait décidé d’augmenter le taux de la TVA de 3 points (de 5 à 8%). Alors que la croissance avait été soutenue début 2014, les ménages préférant anticiper leurs achats avant la hausse de TVA, l’activité s’est brutalement contractée au deuxième trimestre (-7,3% en glissement trimestriel annualisé) (voir graphique ci-dessous).
Le choc devrait cette fois être moins important, et ce, pour plusieurs raisons. D’abord, la hausse du taux de TVA est un peu plus faible (2 points de 8 à 10%) et son périmètre est plus réduit: certains produits – comme les produits alimentaires ou les abonnements aux journaux – en sont exclus. Ensuite, même si la confiance des consommateurs a comme en 2014 sensiblement baissé, les achats par anticipation ont cette fois été moins importants... le contrecoup a dès lors toute chance d’être aussi moins marqué.
 Surtout, le gouvernement a pris des mesures (à hauteur de 1 point de PIB selon ses estimations): un peu plus de la moitié sera consacré à la réduction des frais de scolarité et des frais médicaux et à l’augmentation des retraites les plus basses. Le gouvernement a également prévu des mesures temporaires pour soutenir la consommation ainsi que des travaux publics liés à la prévention des désastres.
Ces mesures de soutien sont les bienvenues. Mais, dans un contexte où la croissance est déjà malmenée par la guerre commerciale sino-américaine, les tensions avec la Corée du sud et le ralentissement mondial, elles risquent de ne pas suffire à empêcher un ralentissement de la croissance. Ce qui laisse présager une année 2020 en berne avec une croissance en moyenne à peine supérieure à 0%.

* Economiste, Candriam






 
 

AGEFI




...