La logique de la cession de LSI pour Lonza

vendredi, 24.07.2020

Le chimiste et sous-traitant de l’industrie pharmaceutique Lonza affiche une performance croissante sur tous les plans, au premier semestre. Par ailleurs, le groupe rhénano-valaisan a annoncé vendredi sa décision de se séparer de sa subdivision Speciality Ingredients (LSI). Notre commentaire.

Christian Affolter

Sur le plan opérationnel, le détenteur de la meilleure performance boursière depuis le début de l'année n'a pas déçu les observateurs. (Keystone)

La décision plus rapide que prévu de Lonza en faveur d’une cession de l’unité Specialty Ingredients (LSI) répond à une logique industrielle et financière à la fois. Le fait que la décision ait été prise par le président et CEO Albert Baehny, même dans une période où il n’assure «que» l’intérim en tant que CEO, n’est guère un hasard.

L’ancien homme fort de Geberit apporte précisément le point de vue industriel, et souligne à sa manière l’absence de synergies en termes de processus de production entre les deux unités actuelles du groupe. Il veut mener ce processus de cession rapidement.

Car l’activité historique de Lonza élargie d’Arch Chemicals en 2011 (mais qui, au fil des dernières années, est devenue bien plus petite que Pharma, Biotech & Nutrition (PB&N), en raison de l’acquisition de Capsugel) se trouve sur une pente ascendante, notamment en termes de marges. Ce qui est d’autant plus remarquable que le chiffre d’affaires a enregistré une baisse.

Le moment pour vendre LSI paraît donc particulièrement opportun du point de vue financier également. L’évolution du titre, qui ne cesse de marquer des plus hauts historiques malgré la pandémie, soutient elle aussi l’interprétation que la séparation des deux parties actuelles de Lonza génère plus de valeur que lemaintien au sein du même groupe. Et le niveau de marges atteint par LSI est certes largement inférieur à celui de PB&N, mais reste intéressant dans le domaine des spécialités chimiques. Le fait qu’Albert Baehny souligne que la vente représente l’option la plus rapide fait penser qu’il y a peut-être déjà des groupes intéressés par une acquisition de LSI.

Épargné par la crise, Lonza revend ses spécialités chimiques


Lonza poursuit son recentrement sur le domaine de la santé, avec la mise en vente prévue au cours du second semestre de sa subdivision Specialty Ingredients (LSI). Il assure à l'occasion de la publication de son rapport semestriel avoir déjà réalisé l'essentiel du travail préparatoire pour cette externalisation.

Sur le plan opérationnel, le détenteur de la meilleure performance boursière depuis le début de l'année n'a pas déçu les observateurs.

Le chiffre d'affaires semestriel a progressé de 3,3% à 3,07 milliards de francs et l'excédent brut d'exploitation (Ebitda) de base - apuré de tout élément jugé exceptionnel - de 7,9% à 893 millions. Le bénéfice net s'est envolé de plus d'un cinquième à 478 millions.

La principale subdivision Pharma Biotech and Nutrition (LPBN) a affiché une croissance de plus de 10% pour générer des recettes de 2,23 milliards. La marge Ebitda de base a gagné 90 points de base (pb) à 34,1%, pour un résultat afférent de 760 millions. Les revenus de LSI ont stagné à 819 millions et l'Ebitda de base s'est érodé de 1,2% à 161 millions.

Les analystes avaient vu presque tout juste en termes de chiffre d'affaires, mais plafonnaient l'Ebitda de base à 890 millions.

La direction anticipe toujours sur l'ensemble de l'exercice une croissance supérieure à 5%, assortie d'une marge opérationnelle ajustée stable. Le groupe prévient toutefois que ces perspectives sont à prendre avec précautions en ces temps d'incertitudes. (awp)






 
 

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