Stadler freiné par la crise du coronavirus au 1er semestre

mardi, 25.08.2020

Le chiffre d'affaires net du groupe thurgovien Stadler a chuté de 16% sur un an à 934,7 millions de francs au premier semestre.

Grâce à des carnets de commande bien garnis, le groupe thurgovien entrevoit une lueur d'espoir en seconde partie d'année. (Keystone)

Le constructeur de matériel ferroviaire Stadler Rail a vu ses activités lourdement handicapées par la pandémie de coronavirus au premier semestre. Grâce à des carnets de commande bien garnis, le groupe thurgovien entrevoit cependant une lueur d'espoir en seconde partie d'année.

Stadler a fait face à des interruptions dans la chaîne d'approvisionnement et des restrictions de voyages pour les déplacements professionnels, qui ont pénalisé ses activités. Son usine de Valence en Espagne a été fermée pendant trois semaines et celle de Salt Lake City aux Etats-Unis obligée de réduire la cadence en raison des mesures sanitaires contre le Covid-19, ce qui a pesé sur les ventes et l'Ebit.

De nombreuses rames sont prêtes à la livraison, mais à cause des restrictions de voyages, le matériel n'a pas pu être réceptionné par les clients et homologué par les autorités locales. La facturation a de ce fait été reportée, ce qui a pesé sur les flux de trésorerie.

Le chiffre d'affaires net a du coup chuté de 16% sur un an à 934,7 millions de francs et le résultat d'exploitation (Ebit) s'est effondré de 89% à 5,0 millions sur les six premiers mois de l'année, a précisé le groupe de Bussnang mardi dans un communiqué.

La marge opérationnelle s'est effondrée à 0,5%, après 4,2% au premier semestre 2019, et le bénéfice net a plongé de 43% à 15,7 millions.

Le groupe a largement manqué les attentes des analystes interrogés par AWP. Ces derniers tablaient en moyenne sur des recettes de 1,05 milliard de francs et un Ebit de 27,2 millions. Seul le profit net s'établit dans le haut de la fourchette des prévisions.

Pour la suite, la direction s'attend à un second semestre "plus solide", notamment en matière de ventes et de rentabilité.

Stadler a en effet vu ses entrées de commandes bondir de 35% à 3,1 milliards de francs et le carnet d'ordres progresser de 12% à 16,8 milliards entre janvier et fin juin, de quoi garantir l'activité à venir. Aucune commande passée précédemment a été annulée.

La direction vise dorénavant pour l'ensemble de l'année des ventes en légère baisse et une marge Ebit supérieure à 5%. La cible d'un taux de reversement de 60% des bénéfices aux actionnaires et l'objectif d'une marge opérationnelle de 8-9% d'ici 2023 ont été confirmés.

Les précédentes prévisions du groupe avaient été annulées, face à l'étendue de la crise provoquée par le virus. Début mars, le groupe visait encore un chiffre d'affaires de 3,5 milliards de francs en 2020, contre 3,2 milliards en 2019. La marge opérationnelle devait s'établir à au moins 6%.

En mai, le directeur général Thomas Ahlburg avait annoncé son départ. Il avait été remplacé au pied levé par le président Peter Spuhler. Ce dernier n'est pas pressé de lui trouver un successeur, l'objectif premier étant de stabiliser l'activité, a-t-il concédé mardi lors d'une conférence de presse téléphonique.

Le vol début mai de données par des pirates informatiques, qui réclamaient une rançon de 6 millions de dollars et avaient publié une partie des documents sur internet, n'a pas eu de conséquence dommageable. Stadler a été en mesure de rétablir rapidement ces données à partir des sauvegardes, a ajouté M. Spuhler.

L'usine de Minsk continue de tourner

Quant aux troubles politiques en Biélorussie, où Stadler dispose d'une usine près de Minsk, ils n'ont pas eu pour l'heure d'impact sur l'activité. La production se poursuit et les 1500 employés ne font pas grève.

La fusion géante entre le français Alstom et le canadien Bombardier pourrait indirectement profiter au groupe de Bussnang. Si les autorités ordonnent la vente des activités de signalétique, Stadler serait "certainement intéressé", a précisé le président-patron.

A la Bourse suisse, les investisseurs étaient rassurés par ces annonces et propulsaient le titre Stadler en hausse de 4,6% à 39,44 francs. L'indice de référence SPI accélérait beaucoup plus modestement (+0,10%).

Les entrées de commandes ont bien résisté à la crise, ont estimé les analystes de la Banque cantonale de Zurich (ZKB) dans un commentaire. Mais le groupe ne pourra pas complètement compenser au deuxième semestre le repli subi entre janvier et fin juin, ont-ils nuancé.

Mais au vu du carnet de commandes "record", le constructeur de matériel ferroviaire devrait être en mesure de renouer avec la croissance à partir de l'année prochaine, a ajouté la ZKB. (awp)

>> Le commentaire de Philippe Rey: Stadler Rail: il n’existe pas encore de raison de s’inquiéter






 
 

AGEFI



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