Les critiques de Renzi contre l'UE

samedi, 17.09.2016

Le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a réitéré samedi ses critiques contre l'austérité budgétaire, au lendemain du sommet européen de Bratislava au cours duquel il a manifesté sa mauvaise humeur.

Pour M. Renzi, l'Italie est livrée à elle-même dans la crise migratoire et les solutions qu'elle avance ne sont pas suffisamment prises en compte. (Reuters)

Il s'agit d'une "recette fausse" choisie par l'Europe ces cinq dernières années, pendant que les Etats-Unis faisaient le "juste" choix d'investir, a dit le chef du gouvernement italien Matteo Renzi lors d'une conférence à Florence.

L'Italie respecte les règles du Pacte de stabilité sur la discipline budgétaire, qu'il a jugé vendredi "sans avenir", mais elle a aussi le droit de dire que ces règles "ne fonctionnent pas et travailler à les changer".

L'Italie n'est pas prête "à faire semblant de rien et servir de feuille de vigne pour les autres", a-t-il encore dit.

Vendredi, il avait refusé de participer à une conférence de presse commune entre le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel, affirmant ne "pas partager les conclusions du sommet de la même manière qu'eux".

La presse italienne spéculait samedi sur les raisons de la grogne de M. Renzi. Pour le Corriere della sera, cette soudaine colère est surtout dictée par un calcul de politique intérieure, à quelques semaines d'un référendum, crucial pour son avenir politique.

"Je ne crois pas qu'il soit juste que l'Italie fasse semblant de rien quand les choses ne s'améliorent pas", a-t-il affirmé à Florence.

En Slovaquie, comme lors de précédents rendez-vous européens, "on s'est dit plus ou moins les mêmes choses", a affirmé M. Renzi pour qui il était au contraire urgent d'avancer sur le dossier de l'immigration et de la croissance économique.

Pour M. Renzi, l'Italie est livrée à elle-même dans la crise migratoire et les solutions qu'elle avance ne sont pas suffisamment prises en compte.

"Est-ce qu'on va comprendre que s'il est juste de sauver tout le monde en mer, il n'est pas possible d'accueillir tout le monde seulement dans les Pouilles ou en Sicile", dans le sud de l'Italie, a lancé le chef du gouvernement italien.

Dès lors, soit "on accepte la thèse italienne et on va en Afrique, on fait des accord de coopération internationale (...) et on bloque les départs en créant des occasions de développement ou alors on dit clairement qu'on est en train de perdre son temps", a-t-il insisté.

A Bratislava, "ils ont apporté un document (de travail) dans lequel on ne parlait même pas de l'Afrique", a-t-il encore déploré. (awp)


 

 
 



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