La gazelle qui cabriole sur les crocodiles

mercredi, 10.07.2019

Le cafard est une startup qui se développe avec la sagesse de Lao Tseu. Graduellement, progressivement, patiemment, un pas sécurisé après un pas sécurisé, pas de stress inconsidéré.

Pécub

La licorne se concentre sur une croissance ultra-rapide, de zéro au milliard en moins de deux.

Le temps est dans la lenteur d’une saine croissance. L’agitation n’est pas en option. Le cafard met de l’intelligence et du génie dans ses produits qui sont à l’image de ses clients. Il ne communique pas tapageur auprès des busines angels ou des spéculateurs. Il préfère se cacher à l’ombre derrière le frigo, que de stariser son image aux lumières médiatiques. Il contrôle ses dépenses et surveille son chiffre d’affaires. Il a à cœur de toujours conserver son équilibre financier. Une force tranquille dont le programme de travail est, «I will survive».

La licorne se concentre sur une croissance ultra-rapide, de zéro au milliard en moins de deux. Rentabilité et revenus on en parlera plus tard, pour l’instant, faire rentrer un max d’argent. Nous projetons d’inventer le fil à couper le beurre en eau sèche. Faire transpirer les capital risqueurs. Depuis Aileen Lee, en 2013, 0,1 % des startups embryons ont atteint le milliard. Pour un gagnant, 999 perdants. La grosse bulle gonflée à un franc payée mille balles elle va écraser qui, quoi, comment, quand ? Des sommes phénoménales vont se faire sublimer, passer de l’état solide à l’état gazeux.

Le crocodile n’est pas tumultueux, il fréquente expert les eaux douces et stagnantes, à voir, respirer, épier, guetter, entendre tout ce qui se passe aux alentours. Il peut rester des journées entières, peinard et paisible à ne rien faire. Sauf que son cerveau reptilien est toujours en mode alerte, en mode anticipation et préparation d’embuscade. Très agile dans les flux financiers, le moindre bébé licorne à venir boire l’eau de sa rivière se fera prendre au piège de ses puissantes mâchoires. Le crocodile, qu’il soit américain, des marais ou du désert, ne court pas après les cafards. Cela n’est pas très excitant.

Crocodiles, licornes, cafards, rien d’autre de vivant dans la steppe économique ? Scorpions, mygales, serpents ? Quelque chose d’appétissant à se mettre sous la dent ? Nom d’un springbok, il y a la gazelle ! Sa viande, sa peau, ses cornes, de quoi bien placer son argent. Elégante et rapide, la jolie antilope peut faire du 100 km/h ! Elle se nourrit bon marché, d’herbe, de graminées des feuilles du buisson. Elle peut se passer d’eau pendant les périodes de sécheresse. La petite entreprise, celle que l’on ne distingue pas dans le paysage capitalistique. Rentabilité, revenus, cherchez bien, les gazelles ne sont pas toutes en voie d’extinction. Tout spécialement celles qui ont appris à faire des cabrioles sur les crocodiles. Elles ne payent pas de mine et valent de l’or.






 
 

AGEFI



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