Bilan mitigé pour la navette autonome zougoise

mardi, 05.05.2020

Le bus autonome, testé à Zoug, s'arrête et reste bloqué trop souvent dans le trafic.

Le bus autonome dispose de six places assises et sept places debout. (Keystone)

Le flux du trafic routier et les obstacles posent problème au bus autonome testé à Zoug avec des usagers. La navette s'arrête et reste bloquée trop souvent. Les responsables du projet se montrent tout de même satisfaits des nombreux enseignements livrés.

La Suisse joue un rôle moteur dans l'exploitation de bus automatisés sans chauffeur affectés au transport de personnes. Plusieurs projets pilotes de ce type ont ainsi été menés ou sont en cours à Sion, Marly (FR), Meyrin (GE) ou Schaffhouse.

Navette avec chauffeur de secours

A Zoug, un consortium formé des CFF, des transports publics zougois, de Mobility, de la ville et d'une société immobilière est à l'origine du projet mené en 2018 et 2019. Disposant de six places assises et sept places debout, le bus autonome a d'abord été testé sur un tronçon de quelques centaines de mètres, reliant la gare à un pôle technologique.

Les essais se sont ensuite étendus à un service de navette à la demande, sur des itinéraires flexibles depuis ou à destination de la gare. Durant cette phase, la navette a parcouru un total de 2000 km à une vitesse allant jusqu'à 16km/h.

Un chauffeur de secours était présent lors de chaque course. Aucun accident ne s'est produit. Au final, 84% des 2000 km parcourus ont pu se dérouler sans l'intervention du chauffeur de secours.

Absence d'anticipation

La navette a rencontré des problèmes en cas de travaux publics inattendus, d'arbres ou de plantes débordant sur l'espace de la chaussée. Ces obstacles ont déclenché un freinage. Les performances du bus ne se sont pas non plus montrées à la hauteur des attentes en cas de mauvais temps.

Pire, les cyclistes se faufilant dans le trafic ont déclenché un arrêt brusque de la navette. Celle-ci a aussi été prise d'hésitations en bifurquant à gauche. Freiner de manière réactive en cas de danger ne suffit toutefois pas, conclut le consortium. Un bus doit pouvoir anticiper dans sa conduite.

Au chapitre positif, les responsables du projet soulignent tout de même l'extrême précision des manoeuvres réalisées par le bus autonome. En outre, le projet a permis de tirer des enseignements précieux sur le plan du développement technologique. Il a aussi contribué à une meilleure acceptation des véhicules autonomes: les passagers se sont montrés intéressés et confiants. (ats)






 
 

AGEFI



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