Jamais les prévisions du KOF n’ont été aussi sombres

jeudi, 30.04.2020

Le baromètre du centre de recherche KOF a chuté à son pire niveau depuis 2009. L’optimisme de tous les analystes s’étiole.

La morosité économique s'étend vers l'industrie manufacturière et les prestataires de services, mais aussi l'industrie hôtelière, la restauration, la demande extérieure, la construction, la consommation et les prestataires de services financiers et d'assurance. (Keystone)

Le baromètre de l'institut de recherches conjoncturelles KOF a chuté en avril à des niveaux jamais atteints depuis la crise de la dette en 2009, soulignant que «l'économie suisse est en crise» en raison des répercussions de la pandémie de coronavirus. Cet indicateur, qui permet d'anticiper les attentes en matière d'évolution économique, a chuté de 28,2 à 63,5 points sur le mois, selon le centre zurichois. Cette baisse est deux fois plus importante qu'en février 2015, après l'abandon du taux plancher, et qu’en 2008, après la faillite de la banque américaine Lehman Brothers qui avait sonné le départ de la crise financière.

La forte baisse du mois d'avril fait suite à un repli de 10,1 points en mars, a souligné le KOF. Le repli pendant le mois sous revue est cependant conforme aux prévisions des analystes qui anticipaient un baromètre entre 55 et 70 points. «Actuellement, presque tous les groupes d'indicateurs tirent le baromètre fortement vers le bas», ont précisé les économistes du KOF, notamment l'industrie manufacturière et les prestataires de services, mais aussi l'industrie hôtelière, la restauration, la demande extérieure, la construction, la consommation et les prestataires de services financiers et d'assurance.

Dans le secteur manufacturier, les indicateurs relatifs à la situation des commandes ont fortement baissé, de même que ceux évaluant la situation des affaires, l'évolution de l'emploi, l'achat ou le stockage de produits intermédiaires et la production. Par branches, les perspectives de l'industrie du bois, du verre, de la pierre et de la terre, du métal, des industries électriques et électroniques se sont dégradées. Les indicateurs des secteurs de la chimie, de la pharmacie, des plastiques, du textile et de l'habillement ne sont comparativement que peu dans le rouge. Et dans le domaine alimentaire, les perspectives se sont même légèrement améliorées, a souligné le KOF.

Un rebond qui se fait attendre

Dans un sondage réalisé par le cabinet PWC, les directeurs financiers sont moins optimistes quant à un rebond dans les prochains trois mois de l'économie suisse. Alors qu'ils étaient encore 90% dans le premier sondage au début de la crise et 72% juste après, ils ne sont actuellement plus que 50% à anticiper un rebond rapide de la conjoncture. Les économistes de la banque UBS ont fortement révisé en baisse leurs prévisions pour la Suisse. La banque aux trois clés table désormais sur une chute de 4,6% du produit intérieur brut (PIB) cette année, alors que dans leurs précédentes estimations fin mars, les experts s'attendaient encore à un repli de 1,3%.Le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) a aussi récemment fortement réduit ses prévisions de croissance, tablant pour cette année sur une chute de 6,7% avant un rebond de 5,6% en 2021. (AWP)

 

 






 
 

AGEFI



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