Rusal sacrifie son patron français pour échapper aux sanctions US

lundi, 28.01.2019

Le banquier français Jean-Daniel Thomas a démissionné de la présidence du conseil d'administration du géant russe Rusal. Un départ exigé par les Etats-Unis.

Le géant russe de l'aluminium Rusal a annoncé lundi le départ, après moins d'un mois en fonction, du président de son conseil d'administration, le banquier français Jean-Pierre Thomas, exigé par les Etats-Unis pour lever leurs sanctions contre l'entreprise.

Washington a annoncé dans la nuit de dimanche la levée des sanctions imposées en avril contre Rusal et En+, deux sociétés qui étaient jusqu'à récemment contrôlées par l'oligarque russe Oleg Deripaska, un proche de Vladimir Poutine. Les sanctions contre M. Deripaska restent en place.

"Jean-Pierre Thomas a reçu une demande impérative du Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Trésor américain de quitter son poste de président et administrateur comme une demande préalable à la levée des sanctions sur l'entreprise", a annoncé Rusal dans son communiqué quelques heures plus tard.

M. Thomas "a accepté la demande et a remis sa démission", effective à partir du samedi 26 janvier, a précisé le groupe.

Ancien député des Vosges (1993-1997), dans l'est de la France, et ingénieur de formation, M. Thomas, 61 ans, a travaillé pendant 15 ans pour la banque d'affaires Lazard Frères. Il avait été nommé en 2011 "représentant spécial" du président Nicolas Sarkozy chargé du développement des relations économiques entre la France et la Russie.

Il avait pris ses fonctions seulement le 1er janvier, à un poste renouvelé précisément pour permettre la levée des sanctions, finalement confirmée dimanche soir par le Trésor américain.

Le Trésor explique dans un communiqué que Rusal et En+ ont réduit la mainmise de M. Deripaska et ont accepté d'accueillir au sein de leur conseil d'administration respectif des personnalités indépendantes venant des Etats-Unis et de l'Union européenne.

En+, holding spécialisé dans l'aluminium et l'énergie, a dans la foulée annoncé la nomination de sept nouveaux administrateurs "indépendants" au sein de son conseil d'administration en remplacement de Russes et un échange de participations avec le géant zougois des matières premières Glencore.

La réduction des parts de M. Deripaska a été obtenue entre autres par une augmentation de la participation de la banque publique russe VTB, qui a annoncé avoir augmenté sa participation dans En+ de 7,65% à 22,27%.

Le patron de VTB, Andreï Kostine, est également sous sanctions américaines.

Rusal est le premier producteur d'aluminium au monde, ce qui fait que les prix de cette matière se sont envolés après l'imposition des sanctions américaines en avril, alourdissant les coûts de plusieurs entreprises, dont des constructeurs automobiles. Ils ont toutefois baissé récemment sur des informations portant sur une levée imminente des sanctions. (awp)






 
 

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