L’avenir des banques est «phygital»

jeudi, 01.11.2018

Pierre Ricq*

Pierre Ricq

Dans de nombreux domaines, dont celui de la banque, la clé de la réussite sera désormais de type «phygital», autrement dit physique et digital. L’approche humaine demeure cruciale et le digital servira alors d’appui pour une expérience personnalisée avec le client. Les solutions digitales permettront de répondre non seulement à la demande des futures générations mais également aux évolutions réglementaires et administratives, notamment avec l’entrée en vigueur de MIFID II. L’outil digital représente désormais un complément idéal pour la finance.

Les banques dépositaires tendent à offrir plus ou moins les mêmes services, à quelques détails près. La différence pour les intermédiaires financiers se trouve donc dans la qualité des services et des prestations tels que, la disponibilité des équipes, la prise de décisions rapide ainsi que l’efficacité de la plateforme informatique et du processus d’ouverture de compte. Une banque agile peut s’adapter rapidement aux demandes spécifiques de chacun. Les décisions sont prises en ligne directe grâce à une hiérarchie horizontale. Les barrières habituelles tombent pour la plus grande satisfaction des professionnels de la branche. La qualité prime sur la quantité et l’humain sur la technologie, l’agilité devient dès lors un luxe, en particulier dans le monde bancaire.

Une trop grande partie du temps des gérants de fortune indépendants est généralement allouée aux contraintes administratives et à la recherche de partenaires, à la fois dynamiques et pragmatiques. Il devient par conséquent nécessaire de repenser certains processus comme la simplification du processus d’ouverture de compte. Par exemple, un pré-check pourrait être effectué en amont avec une réponse sous 24 heures pour éviter les déconvenues. Si le préavis devait se révéler favorable, le numéro de compte serait alors disponible sous 48 heures. Les documents scannés seraient immédiatement acceptés, soulignant ainsi le pragmatisme de l’établissement. Le nombre de documents d’ouverture serait idéalement limité au strict minimum, tout comme le nombre de signatures requises. Ce processus serait certainement révolutionnaire dans la surenchère réglementaire actuelle. Avec l’essor des sociétés fintech, il existe des opportunités intéressantes qui permettront dans un futur très proche de révolutionner l’expérience client et d’accompagner les banquiers et autres professionnels de la finance.

Finalement, pour tout établissement souhaitant offrir de telles solutions, il est important de souligner l’avantage de posséder une structure à taille humaine qui permet à tous les départements de travailler main dans la main. La division compliance est à l’écoute des activités du front office et ne représente pas un frein au développement des affaires comme la tendance actuelle le manifeste. Les équipes du front office et du compliance sont amenés à rencontrer conjointement les clients professionnels afin de faciliter la compréhension et l’avancement de leurs dossiers. L’aspect qualitatif est ainsi mis en priorité au détriment de l’aspect quantitatif trop souvent utilisé comme baromètre entre les établissements bancaires qui se contentent encore souvent de faire uniquement office de dépositaire «autoritaire». Les contraintes administratives seraient limitées et seule la recherche de solutions serait favorisée. L’objectif humain et de qualité sera ainsi atteint.

* Responsable B2B & Intermédiaires financiers, Geneva Swiss Bank






 
 

AGEFI



...