L'Association suisse des banquiers pointe du doigt le dossier européen

vendredi, 24.11.2017

L'ASB n'est pas totalement satisfaite de l'évolution du dossier au lendemain de la visite à Berne du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

L'ASB estime que les progrès dans le dossier européen sont insuffisants.

 L'Union européenne doit reconnaître l'équivalence de la régulation du marché financier helvétique après le déblocage par la Confédération du "milliard de cohésion". L'Association suisse des banquiers (ASB), qui conditionnait le versement de cette somme à l'accès au marché commun, n'est pas totalement satisfaite de l'évolution du dossier au lendemain de la visite à Berne du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

"Du point de vue de l'ASB, il n'y a pas eu assez de progrès dans le domaine de la reconnaissance de l'équivalence", a indiqué vendredi à AWP Sindy Schmiegel, membre de la direction et responsable des relations publiques. La faîtière salue néanmoins quelques avancées, comme la reconnaissance de la régulation boursière suisse avec la législation européenne, respectivement la disposition MiFIR 23.

Ces développements sont certes positifs mais demeurent insuffisants pour l'ASB, qui a appelle à la conclusion rapide des trois autres procédures en cours. "Il s'agit désormais de prendre la Commission (européenne) au mot et que les discussions techniques quant à l'équivalence financière continuent sans restrictions", insiste Mme Schmiegel.

A la mi-septembre, le président de la faîtière Herbert Scheidt avait affirmé sa détermination à mettre tout le poids du secteur bancaire dans la balance, afin d'obtenir gain de cause dans le cadre des négociations entre Suisse et Union européenne.

"Nous devons faire en sorte que notre contribution à la cohésion soit subordonnée à la reconnaissance de l'équivalence des lois financières suisses par l'UE", avait-il déclaré en marge l'assemblée générale de l'ASB, la Journée des banquiers.
Vue d'ensemble
Le Conseil fédéral a annoncé jeudi son intention de verser 1,3 mrd CHF à l'UE, somme destinée à réduire les inégalités et principalement destinée aux pays de l'Est. Qualifiée de décision autonome par la Suisse, le déblocage du "milliard de cohésion" est surtout perçu comme un geste de bonne volonté envers Bruxelles à l'heure où il s'agit de faire avancer plusieurs dossiers.

Le gouvernement suisse a donc ouvert le robinet avant d'obtenir l'équivalence souhaitée par l'ASB. A mots couverts, l'association ne jette pas la pierre au Conseil fédéral et reconnaît que ce dernier doit considérer le dossier dans son intégralité avant de satisfaire pleinement un secteur en particulier.

"La présidente (de la Confédération) Doris Leuthard a souligné hier que les décisions politiques du Conseil fédéral ont été prises dans une vue de d'ensemble des relations bilatérales et économiques", note la porte-parole de l'ASB.

L'accès au marché financier européen est considéré actuellement comme la mère de toutes les batailles par l'ASB, qui veut assurer la poursuite des activités transfrontalières. Sans équivalence, les banques suisses ne pourront pas démarcher des clients dans l'UE, à moins d'y être implantées. Une telle situation pourrait mettre en difficulté, voire condamner certains établissements.(awp)


 

 
 

 
 

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