L’année et la décennie à venir

mercredi, 04.12.2019

Philippe G. Müller*

Philippe G. Müller

L’année prochaine, une croissance toujours molle est à prévoir, tandis que le monde va s’adapter aux nouvelles réalités politiques. Election présidentielle américaine, négociations commerciales ou politique économique: une très grande incertitude est de mise

Dès lors, il convient de favoriser les placements moins touchés par les répercussions des décisions politiques. La diversification devrait donc jouer un rôle important avant les élections aux Etats-Unis. Les secteurs de la technologie, de l’énergie, des finances ainsi que le secteur américain de la santé pourraient être sujets à la volatilité en raison d’un contrôle réglementaire renforcé. 

De plus, dans un monde marqué par davantage de protectionnisme, les entreprises focalisées principalement sur le marché domestique et sur la consommation privée devraient se révéler plus solides que celles qui dépendent du commerce extérieur et des dépenses des entreprises. Dans ce contexte, les titres de qualité et ceux à dividendes semblent bien positionnés.

Diversité et durabilité

En Suisse en particulier, les rendements des obligations les plus sûres sont largement négatifs, tandis que le risque augmente chez certains émetteurs d’obligations à haut rendement. Il est plutôt recommandé de miser sur les obligations des marchés émergents libellées en dollar et de préférer les obligations soutenant des projets liés à la durabilité ou à des thèmes analogues par rapport aux obligations traditionnelles. 

En ce qui concerne les monnaies, on peut s’attendre à une dévaluation du dollar. C’est pourquoi il vaut mieux préférer une combinaison de monnaies plus sûres et de monnaies à forte rémunération. En outre, l’or devrait probablement mieux évoluer que les matières premières plus cycliques. 

Loin du tumulte politique

Les stratégies de marché privé, qui dépendent moins du contexte économique général, ainsi que, dans le domaine des hedge funds, les stratégies de valeur relative et les stratégies neutres vis-à-vis du marché, sont à privilégier. 

Les risques sur le marché des logements en propriété ont augmenté dans plusieurs grandes villes. C’est pourquoi les investisseurs devraient regarder du côté des immeubles commerciaux, qui profitent de tendances à long terme comme l’e-commerce, ainsi que des immeubles résidentiels destinés à la location.

Los de la décennie à venir, la population active devrait décroître dans les pays à forts revenus et la dynamique de démondialisation devrait s’accentuer. Dans le même temps, les évolutions politiques pourraient conduire à une plus grande redistribution. La coordination renforcée entre les gouvernements et les instituts d’émission pourrait être le déclencheur d’une croissance économique plus vigoureuse - ou déboucher sur une inflation désastreuse. Dans les domaines de la protection de l’environnement et de la technologie, des changements et des progrès importants pourraient faire éclater les normes existantes.

Risques et opportunités

On peut s’attendre, pour la plupart des valeurs patrimoniales financières, à des rendements plus faibles et à une volatilité plus élevée que durant la décennie qui s’achève. Les investisseurs qui visent un certain niveau de rendement devront peut-être augmenter leurs positions en actions ou accepter des rendements plus faibles. 

Comme les intérêts devraient rester bas, les investisseurs pourraient aussi envisager, dans le cadre de leur plan financier, de miser sur des fonds étrangers. L’approche Liquidity, Longevity et Legacy prônée par UBS pourrait aider les investisseurs à atteindre leurs objectifs financiers et à trouver ainsi le bon équilibre entre risques et opportunités.

* Economiste responsable pour la Suisse romande, UBS






 
 

AGEFI




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