Art Basel veut rester incontournable sur le marché de l'art

mardi, 11.06.2019

Lancée en 1970, la foire Art Basel continue d'attirer les galeries désireuses de profiter d'un marché de l'art en progression qui pèse près de 70 milliards de dollars. Cette année, elle comptera 290 galeries du monde entier, quasiment autant que l'an passé.

Art Basel compte bien garder sa place, devenue incontournable pour de nombreux acteurs.

Art Basel, cette grande messe de l'art moderne et contemporain, qui se tiendra du 13 au 16 juin à Bâle, comptera 290 galeries du monde entier, quasiment autant que l'an passé.

Dominique Lévy fait partie des fidèles de la foire Arte Basel. Cette Suissesse d'origine participe à Art Basel depuis 20 ans et "sous son nom depuis cinq ans", a expliqué la fondatrice de la galerie Lévy Gorvy, jointe à New York.

"Art Basel, c'est la foire qui nous permet de nous présenter aux yeux des collectionneurs, des musées. C'est une foire que l'on prépare toute l'année, que ce soit Art Basel en Suisse, à Miami ou à Hong Kong. Elle a pris une importance énorme, avec une forte participation", a souligné celle qui compte parmi ses artistes Yves Klein, Pierre Soulages ou Frank Stella, exposés dans ses galeries de New York, Londres, Hong Kong et Zurich.

Art Basel compte bien garder sa place, devenue incontournable pour de nombreux acteurs. Alors que le marché mondial de l'art a progressé de 6% l'an dernier à 67,4 milliards de dollars (quasiment autant en francs), les seules foires ont enregistré 16,5 milliards de ventes (+6% sur un an), selon le rapport The Art Market 2019 de Clare McAndrews pour Art Basel et UBS.

Les coûts ont aussi augmenté de 5% en un an. Les marchands d'art ont ainsi dépensé près de 5 milliards de dollars pour participer à ce type d'événement.
"C'est un projet qui est cher, demande énormément d'investissements de la part d'une galerie", reconnaît Dominique Lévy. "C'est un gros effort financier, les foires sont considérées comme des mini expositions, avec des stands mis en scène par un architecte." Mais elle estime que "tant que le commerce de l'art est un commerce qui fonctionne, tant que vous arrivez avec de beaux objets, de qualité, au prix juste, on fait assez d'affaires pour couvrir les frais."

Des retombées à court et long terme

Pierre-Henri Jaccaud et sa galerie genevoise Skopia feront aussi partie des 293 enseignes représentées dans la cité rhénane. Il s'agira de sa 26e participation. Le ticket d'entrée est élevé mais cela vaut le coup, selon le galeriste contacté par AWP. "Un stand de 60 mètres carrés va vous coûter plusieurs dizaines de milliers de francs. Vous ajoutez les assurances, les transports, les encadrements, les frais de logement, les salaires, vous arrivez vite à un nombre à 6 chiffres."

Mais pas question de manquer une édition, qui permet aussi de nouer des contacts. "A court terme, vous espérez récupérer votre investissement, bien entendu. Idéalement sur place! Dans un deuxième temps, dans les semaines qui suivent, vous recevrez un appel de quelqu'un qui se décide à acheter une oeuvre. Et sur un plus long terme, vous avez la réputation, le crédit d'être allé à Bâle, c'est une aura dans notre milieu. C'est difficilement quantifiable, mais très important", a indiqué M. Jaccaud.

La foire est organisée par MCH Group, également à la tête de Baselworld dont l'édition 2019 n'a pas été rentable. Si elle ne semble pas souffrir de désaffection des acteurs du secteur, Art Basel a toutefois communiqué sur une nouvelle politique de tarifs en baisse.

Progression du commerce en ligne

Le marché mondial de l'art est dominé par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Chine, quand la Suisse représente 2% des ventes. Il n'échappe pas à l'avancée du commerce en ligne, porté notamment par des jeunes disposant déjà d'une fortune. Les ventes sur le web ont atteint 6 milliards de dollars l'an passé, selon le dernier rapport Art Market, en hausse de 11% en un an. Mais cette concurrence ne fait pas peur aux professionnels établis.

Par rapport au e-commerce, "il y a quelque chose qui nous sauve", a assuré Pierre-Henri Jaccaud, qui veut différencier les oeuvres d'un autre bien matériel.

"Nous réalisons des ventes via internet, mais notre expérience montre que les gens qui achètent de cette manière, connaissent en fait le travail de l'artiste, ils l'ont déjà vu physiquement, a avancé le directeur de Skopia. Je crois que ce qui se vend le mieux sur internet, ce sont des multiples, des produits en série, mais nous vendons des originaux, des uniques. Les collectionneurs veulent avoir une relation privilégiée avec les oeuvres, ils sont exigeants! Avec raison, nos produits ne sont pas forcément bon marché."

En conclusion de son rapport sur le marché de l'art, Clare McAndrews voit à l'avenir de plus en plus de maisons d'enchères et de marchands, qui ne font pas de haut de gamme et qui sont soumis à des coûts de locaux et de salaires en hausse, réaliser davantage de ventes en ligne.(awp)






 
 

AGEFI



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