Les actions entament leur meilleure période

mardi, 19.11.2019

L’ANALYSE TECHNIQUE. Selon les statistiques boursières, la saison allant du mois de novembre au mois de février est la plus rentable. Mais gare aux risques de désillusions!

Serge Laedermann CMT*

«Et si les actions s’échappaient vers le haut?». Ce titre prémonitoire du mois dernier (l’Agefi du 17 octobre) a été suivi de records sur presque toutes les places boursières. Quelle est désormais l’avenir de cette percée plutôt spectaculaire et qui a pris par surprise les «spécialistes». 

Un marché qui ne baisse plus, ou de manière épisodique et courte, ne peut aller que dans une direction, en haut! C’est précisément ce que à quoi nous avons assisté depuis l’été dernier et il était donc évident que la probabilité d’une échappée en nouveau territoire haussier devenait de plus en plus grande.

Nous venons d’entrer dans les trois meilleurs mois de l’année, selon les statistiques vérifiées depuis des décennies. Or les risques de désillusions sont exclus, soyons bien clairs là-dessus. N’empêche!

Le S&P 500 vient de sortir de la consolidation observée depuis janvier 2018 et peut fort bien encore grimper de 10% ces prochains mois et sans parler de surévaluation exubérante. Avec des taux d’intérêts si bas, les actions jouent pleinement leur rôle de seul actif rentable et avec une Fed sur la défensive, la prochaine hausse des taux pourrait bien attendre 2021. Vous aurez remarqué qu’on ne nous parle plus de cette fameuse récession que la grande majorité des analystes nous promettaient pour le premier trimestre 2020. Nous sommes en pleine période de retournement de veste, et même si nous sommes habitués à ces pirouettes, il est quand même dramatique de constater à quel point ces cadors sont une fois de plus à contresens.

Il faut néanmoins être clairs, le S&P 500 s’écarte actuellement de sa Fair Value que l’on peut estimer au mieux à 3000 points. Cette Fair Value inclut une augmentation des profits de 15% en 2020 et en 2021, ce qui semble utopiste. Si au lieu de 15% nous tablons sur 10% en 2021, cette valeur «juste» tombe à 2750. Compte tenu du fait que les estimations de profits pour 2020 tendent à plafonner, il est raisonnable de penser que le marché navigue environ 10% en dessus de sa valeur «juste», soit le même pourcentage observé tout au long de cette année. La distorsion due aux taux d’intérêts n’est donc pas si spectaculaire que ça et nous ne sommes pas dans une bulle financière gonflée exagérément.

Il est probable que le sentiment du marché s’inversera le jour où la Fed adoptera une attitude neutre à haussière, position qui ne peut survenir qu’en cas de bonne marche de l’économie, de risque de surchauffe et de reprise de l’inflation. Une situation dont nous rêvons en fait.

Le SMI réalise actuellement (et logiquement) des plus hauts historiques et il est parfaitement atypique d’avoir des rendements de dividendes à 3% et des taux d’intérêts à 0%, ou même en dessous. La seule manière d’assurer un revenu est d’investir dans ces sociétés 18 carats dont le dividende est plus sûr que les moyennes et petites capitalisations, d’ailleurs fortement pénalisées depuis janvier 2018. De pratiquement 30.000, l’indice des Small Caps est redescendu en dessous des 22.500 et semble désormais vouloir rebondir depuis la correction observée cet été.

Il est classique de voir les investisseurs s’intéresser aux plus petites compagnies restées en arrière quand on a loupé la hausse des grosses. Il est vrai qu’il y a des opportunités dans ce segment «smallcaps» si on sait trier le bon grain de l’ivraie.

Echappée vers le haut?

La situation est un peu différente sur le DJ Europe 600 qui se heurte aux sommets réalisés en 2000, 2007, 2015 et plus récemment janvier 2018. Il est remarquable de constater que ces 4 pics se situent pratiquement au même niveau, soit légèrement en dessus des 400 points. Le record historique est à 415 points et nous n’en sommes qu’à un jet de pierre (409). Une échappée vers le haut peut provoquer un véritable Run sur les actions européennes, sous-évaluées par rapport aux autres continents. Et devinez quoi, la plupart des analystes estiment qu’il s’agit du marché le moins intéressant. C’est en réalité exactement le contraire! Les actions du Vieux Continent ont été négligées depuis 2015, parce que les incertitudes sur le Brexit, parce que les taxes de Trump, parce que les dissensions entre la France, l’Allemagne, l’Italie etc... et le manque d’inflation et de croissance. Ce marché est en retard de 30% et la possibilité d’une échappée vers le haut est réelle et peut-être imminente.

Nous ne sommes pas dans une situation idyllique où l’économie va bien et la croissance de retour, c’est bien clair, mais en termes d’actifs les actions européennes sont sous-évaluées et peuvent fort bien bénéficier d’arbitrages favorables lorsque les anglais seront enfin en dehors en négociant des accords commerciaux intelligents avec ses partenaires. Ce ne sera pas un long fleuve tranquille, loin de là, mais de ce point de vue et spécialement en tant que Suisses, nous sommes bien placés pour savoir que ce n’est pas mission impossible.

*Associé, GFA Geneva Financial Adviser






 
 

AGEFI




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