La meilleure période de l’année pour les marchés actions

mardi, 20.11.2018

L’ANALYSE TECHNIQUE. Après plusieurs semaines de faiblesse, nous caressons l’espoir d’un traditionnel Christmas Rally.

Serge Laedermann CMT*

Dans cette rubrique et pendant de nombreuses années, votre Serviteur a annoncé invariablement à cette période que le Christmas Rally commençait le 24 novembre. Nonobstant le côté un peu provocateur de l’annonce, il y a une base statistique qui ne se dément pas. Nous sortons de la plus mauvaise période de l’année, qui englobe le mois d’octobre et peut même se prolonger après la mi-novembre. C’est d’ailleurs pendant ces redoutables 7 semaines que se produisent la majeure partie des corrections marquées, voire des crashs boursiers.

Vous me voyez avancer avec mes grands pieds. Après avoir mangé notre pain noir, pourquoi n’aurions-nous pas droit à un peu de douceur et d’apaisement?

Oeuvre de destruction

Bien sûr le Brexit, bien sûr l’Italie, bien sûr Trump. Oui mais. Rappelez-vous le marasme de l’automne 2011 avec le fameux avertissement du 25 novembre: «Une chance sur deux que l’euro disparaisse d’ici à la fin de l’année» professé d’un air pénétré par Jacques Attali, le Roi des prophéties foireuses et autres postures qui le placent toujours du côté de celui qui n’a jamais tort. Bien sûr je me suis fait un peu raillé ce jour-là en prévoyant un Christmas Rally, mais le fait est que le S&P 500 a établi son plus bas ce même jour (il n’a plus jamais été plus bas depuis!) et que le gain enregistré fut de 10% à la Saint-Sylvestre et de 18% à la Saint-Valentin.

Notre situation aujourd’hui est un peu similaire. Nous savons que les anglais ne vont sans doute pas accepter l’accord (quoi que), que Bruxelles ne peut tordre le bras des extrémistes de tous poils qui fleurissent un peu partout et que Donald va poursuivre son œuvre de destruction. Soit. Mais regardons pour une fois le verre à moitié plein. Les MPs acceptent l’accord, magnifique! Ils le refusent? Les chances d’un référendum seront alors grandes (les probabilités viennent de monter de 20% à 40%), avec le risque pour les Brexiteurs de voir le peuple pencher cette-fois ci du côté des europhiles, ce qui ne constituerait pas une surprise. En d’autres termes, ils sont un peu coincés les adversaires de Teresa et la partie est loin d’être perdue. Quant au bras d’honneur des italiens, il s’agit simplement de voir la réalité en face. Bruxelles ne peut obliger les pays à se serrer la ceinture alors que la France est le plus mauvais élève, sans oublier que les Etats-Unis ne se gênent pas pour faire exploser leur déficit à 5% du PIB.

Ce qui est par contre un peu gênant chez l’Oncle Sam, c’est la continuelle révision à la baisse des futurs profits, même s’ils vont augmenter de 13% en 2019 sur le S&P 500 (Fair Value 2550), mais de seulement 8.5% sur le SMI (Fair Value 8700). 

Techniquement, les marchés se rapprochent des plus bas d’octobre, les plus malmenées étant celles qui se sont gonflées le plus cette année, à savoir les technologiques. Cependant les valeurs traditionnelles résistent bien et ne sont pas liquidées.

Une véritable capitulation

Sur le marché suisse, le segment le plus pénalisé est sans conteste celui des moyennes et surtout des petites capitalisations. Nous avons assisté à une véritable capitulation sur bon nombre de ces actions. Les révisions à la baisse des analystes regroupent environ 90% des sociétés et comme ils ont été tellement faux toute l’année en articulant des objectifs haussiers irréalistes, il est probable que nous assistons actuellement à la situation inverse. Par rapport à leur plus haut annuel, certains prix semblent sacrifiés. Airopack (-45%), Autoneum (-41%), Bobst (-50%), Cicor (-47%), Fischer 

(-43%), Implenia (-35%) etc… Alors que d’autres sont revenues à des niveaux défiants toute concurrence par rapport à leur potentiel (Bellevue, EFG, Leon, Newron, Oerlikon, Peach, Starrag, Schaffner, Valartis, etc…).

Ne vous fiez jamais aux recommandations des analystes, la plupart d’entre eux suivent le vent et l’instinct de conservation les poussent à rester consensuels pour garder leur job. Aller à contre-courant est trop «casse-gueule» et se fourvoyer sur une situation où tout le monde s’est trompé est bien moins risqué.

La forte baisse observée sur beaucoup de titres et les incertitudes actuelles sont des alibis parfaits pour corriger des recommandations et objectifs qui étaient parfaitement abstraits, sortis du chapeau dès le mois de janvier après le Forum de Davos où chacun s’accordait à dire que nous allions passer une année tranquille. Pardi, l’économie était solide, les actions sur une tendance haussière totalement justifiée qui avait de beaux jours devant elle.

Récupérer le terrain perdu

«2018 ne sera pas un long fleuve tranquille». Cette prévision pessimiste exprimée ici le 17 janvier dernier s’est malheureusement vérifiée, les indices boursiers ayant presque tous reperdu leurs gains annuels. Partant de là, il faudrait vraiment un évènement bien sale pour justifier une prolongation de la baisse et je parie personnellement sur une récupération partielle du terrain perdu sur un très grand nombre de société. Situation à considérer, car sur les titres les plus martyrisés on peut envisager un gain de 20%.

*Associé, GFA Geneva Financial Adviser






 
 

AGEFI



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