Le S&P 500 entre officiellement en territoire de correction

vendredi, 09.02.2018

Dans son analyse, UBS nuance l'importance de la correction de l'indice S&P 500. En attestent les perspectives fondamentales de l'économie inchangées et positives, l'absence de contagion vers d'autres classes d'actifs, et la fréquence des mouvements de cette ampleur.

Mark Haefele, Global Chief Investment Officer Wealth Management d’UBS

Mark Haefele, Global Chief Investment Officer Wealth Management d’UBS.

Dans son analyse, UBS nuance l'importance de la correction de l'indice S&P 500. En attestent les perspectives fondamentales de l'économie inchangées et positives, l'absence de contagion vers d'autres classes d'actifs, et la fréquence des mouvements de cette ampleur. Cette correction ne remet pas en cause l'opinion d'UBS de "continuer de surpondérer les actions mondiales".

Comme pour les ventes massives de lundi, nous pensons que la dernière baisse constitue une «crise de croissance» car les investisseurs digèrent les implications de la croissance économique supérieure à la tendance en termes de politique des banques centrales et d’inflation. A noter que le rendement des emprunts du Trésor américain à 10 ans a très vite repris l’ascenseur cette semaine après le plongeon de lundi, ce qui suggère la persistance de craintes résiduelles liées à une recrudescence de l’inflation, déclenchées pour la première fois le 2 février par les statistiques sur l’emploi aux Etats-Unis.

Les préoccupations sur le front de l’inflation ont encore été alimentées, dans une certaine mesure, par l’accord budgétaire proposé par le Congrès américain, qui comprend un relèvement des dépenses gouvernementales à hauteur de 0,5% du PIB. Cette situation pourrait fournir une impulsion aussi importante à court terme que la réforme fiscale et a accru l’incertitude quant aux perspectives d’inflation. De plus, Jay Powell ne prend la direction de la Réserve fédérale que lundi. Autrement dit, la transition contribue à l’incertitude des marchés quant au futur positionnement du gardien monétaire américain, même si nous pensons que l’institut poursuivra, sous la houlette de Jay Powell, la politique actuelle de la banque centrale.

Des facteurs techniques semblent aussi avoir joué un rôle non négligeable dans l’ampleur des ventes. Comme communiqué dans notre CIO Note au début de la semaine, des pertes très importantes peuvent souvent déclencher de nouvelles ventes, car un certain nombre de stratégies systématiques sont alors contraintes d’ajuster leur exposition, tandis que des investisseurs sont confrontés à des appels de marge.

Cela dit, la bonne nouvelle est que les perspectives fondamentales de l’économie demeurent inchangées, et positives. On observe également très peu de signes de contagion des actions vers d’autres classes d’actifs, ou vers l’économie réelle. Les marchés des taux, des changes et du crédit sont restés relativement calmes, en dépit des sommets inédits depuis plusieurs années de la volatilité des actions.

On notera toutefois également que des mouvements de cette ampleur n’ont rien d’inhabituel, même si la soudaineté des pertes de la semaine a surpris. Avant le plongeon actuel, 23 «corrections de marchés haussiers» (pertes boursières de l’ordre de 10–20%) ont eu lieu depuis 1940.

Enfin, du fait de la vigueur persistante de la croissance bénéficiaire et économique, il est possible que les investisseurs à long terme procèdent à des rachats et soutiennent ainsi le marché. Néanmoins, cela pourrait prendre du temps et, à court terme, un certain nombre d’investisseurs pourraient être contraints de poursuivre leurs désengagements, tandis que d’autres, axés sur des stratégies utilisant pour signaux la volatilité réalisée, les corrélations et la dynamique des prix, pourraient encore avoir besoin d’ajuster leur exposition.

A l’avenir, les investisseurs suivront de très près l’indice des prix à la consommation américain, publié mercredi prochain, et l’audition devant le Congrès de J. Powell à la fin du mois. Le rendement de l’emprunt du Trésor américain à 10 ans permettra de prendre la température du marché en ce qui concerne ces deux événements et un repli des rendements pourrait être favorable aux marchés des actions. Parallèlement, nous continuerons de surveiller les signes de contagion des ventes massives d’actions de cette semaine vers les marchés du crédit, car une telle évolution serait la plus susceptible de nuire à l’économie réelle.

Dans l’ensemble, nous continuons de surpondérer les actions mondiales dans notre horizon de placement à six mois. Les investisseurs disposant d’un horizon à long terme pourraient saisir cette opportunité pour commencer à rééquilibrer les portefeuilles après les récentes pertes pour autant qu’ils soient à même de tolérer un regain de volatilité dans les semaines à venir.






 
 

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