L'importance des flux sur les fonds actifs et les ETF

dimanche, 24.02.2019

L’analyse est d’autant plus utile quand les marchés financiers connaissent des mouvements violents, haussiers ou baissiers.

Gaël Dal Pan*

Gaël Dal Pan

Ce qu’il y a d’intéressant avec la transparence des marchés financiers et le big data est la possibilité de pouvoir s’hasarder à analyser l’état d’esprit des investisseurs au travers des flux sur les fonds actifs et ETF. Ceci est d’autant plus utile quand les marchés financiers connaissent des mouvements violents, haussiers ou baissiers, comme ce fût le cas ces deux derniers mois.  

En décembre 2018, le S&P500 a connu son pire mois depuis 1931 (-9.,18%) et le marché du High Yield (HY) le plus important élargissement de sa prime de risque depuis août 2011 (+108pb). A contrario, janvier 2019 a délivré la meilleure performance du S&P500 sur les 30 dernières années et les spreads de crédit (IG et HY) se sont resserrés de plus de 50% depuis les hauts de début d’année.

Alors, que nous apprennent les flux en ces périodes de forte volatilité? Les données compilées par différents acteurs sur le marché américain (JPM, BofAML, HSBC) nous indiquent des sorties nettes de 63 milliards de dollars en décembre sur les actions et de 50 milliards sur les obligations. Alors que les marchés rebondissaient fortement en janvier, les fonds et ETF sur les actions ont encore connu des sorties de 9 milliards quand les obligations ont enregistré des entrées nettes de 38 milliards. Ceci semble indiquer une certaine prudence de par les investisseurs.

Une lecture plus en profondeur des flux obligataires indique que 50% de ces derniers ont été investi dans les obligations du trésor américain via des ETF ou des fonds indiciels. Le HY tire également son épingle du jeu et compte des achats nets de près de 9 milliards de dollars depuis le début de l’année ayant ainsi presque recouvré ses sorties de décembre 2018. Des rendements plus faibles sur les obligations du trésor US et la forte corrélation du HY aux actions (0,77 sur 12 mois) expliquent en grande partie ces flux.

Mais les grands gagnants de ces dernières semaines sont sans conteste les marchés émergents qui comptabilisent environ 34 milliards de dollars d’achats nets du 1er janvier au 8 février 2019 (15,9 milliards en obligations et 18, 1 milliards en actions). Notons que les ETF sont privilégiés à hauteur de 43% pour les obligations et à 75% pour les investissements en actions.

Alors que les marchés émergents souffraient encore de sorties nettes en décembre (5, 6 milliards de dollars), le changement de rhétorique de la Réserve Fédérale américaine (Fed) début janvier a immédiatement inversé cette tendance. Suite à la correction des marchés en fin d’année, la Fed a indiqué vouloir faire une pause dans son processus de relèvement des taux et agir désormais en fonction des futures publications des données économiques.

Les investisseurs ont interprété ce nouveau message de la Fed comme moins de pression sur les taux d’emprunts des pays émergents et un dollar plus faible; deux facteurs favorables aux économies émergentes. Mais restons vigilants. Comme constaté en ce début d’année, les rotations au sein des classes d’actifs et les flux peuvent se retourner très rapidement et par conséquent influencer les investisseurs, d’autant plus avec l’importance des véhicules de placements passifs.

* Analyste Obligations, Mirabaud & Cie






 
 

AGEFI



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