Les premiers indicateurs chinois dénotent un ralentissement stable

mardi, 16.04.2019

L’amélioration des fondamentaux et les conditions extérieures plus favorables n’ont pas éliminé tous les points faibles.

Josipa Markovic*

La croissance du PIB chinois a ralenti à 6,6% sur un an en 2018, son plus bas niveau annuel depuis 1990. Ce ralentissement découlait principalement de la campagne de lutte contre le risque financier lancée par Pékin, qui s’est traduite par une chute des dépenses d’infrastructures et par une restriction de l’accès au crédit pour les sociétés privées. En outre, le conflit commercial avec les Etats-Unis affecte le moral des ménages et des entreprises, tout en freinant l’activité économique. 

A terme, la croissance devrait rester modeste sur fond de tassement des dynamiques commerciales: les exportations devraient toujours pâtir d’une demande extérieure bridée par le ralentissement économique mondial, mais aussi des premiers effets de la précipitation des exportateurs chinois à expédier leurs produits vers les Etats-Unis avant la mise en place éventuelle de droits de douane supplémentaires par les Américains. 

Volonté d’encourager la croissance

Nous doutons toutefois que l’économie chinoise subisse un revers brutal car le gouvernement intensifiera certainement ses mesures budgétaires et monétaires d’encouragement de l’activité. Il l’a d’ailleurs réaffirmé ce mois-ci dans la feuille de route présentant ses objectifs économiques pour l’année, dans laquelle le premier ministre Li Keqiang a dévoilé 2000 milliards de yuans de baisses d’impôts et l’émission spéciale d’obligations par les collectivités locales pour financer les infrastructures.

Si les mesures annoncées confirment une volonté d’encourager la croissance, elles restent prudentes en regard des cycles de relance antérieurs, le pays cherchant avant tout à s’assurer un rythme de croissance plus durable en privilégiant la qualité sur la quantité. La Chine a abaissé son objectif de croissance à 6-6,5% pour 2019 et se montre ainsi prête à accepter un ralentissement de son activité, dans le contexte d’une dette élevée. 

Demande intérieure plus soutenue

Entre-temps, quelques indicateurs montrent déjà des signes de stabilisation du ralentissement économique: la croissance du crédit a enregistré une progression à deux chiffres en janvier et en février, avec une accélération des émissions spéciales d’obligations des collectivités locales, qui financent les infrastructures. Le sous-indice des nouvelles commandes du PMI a également rebondi, ce qui dénote une demande intérieure plus soutenue. Les ventes de détail se stabilisent toujours, avec une hausse annuelle de 8,2% pour la période de janvier/février. 

De véritables négociations restent nécessaires

Enfin, la suspension du relèvement des droits de douane sur les produits chinois prévu au 1er mars constitue un premier progrès et réduit le risque que le conflit avec les Etats-Unis ne dégénère en guerre commerciale. Il n’en demeure pas moins que de véritables négociations en vue d’un traité commercial (qui couvrirait également les domaines stratégiques) restent nécessaires.

*Economist Emerging Markets chez Swiss Life Asset Managers






 
 

AGEFI



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